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Si ça va, bravo de Jean-Claude Grumberg

par Gilles Costaz

L’absurde, le retour

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Un monsieur Tout-le-monde reçoit un jour la nouvelle qu’il est élu par tirage au sort président de la République, ce qui déclenche la jalousie de son meilleur ami. A force de discuter de la maladie des autres, deux individus sont pris de phobies. Un médecin et un client se livrent à un dialogue assez terrifiant sur la « gigite ». Une conversation glisse de « et toi ? » à « étoile ». Deux personnages passent d’un sujet à l’autre en jouant sur l’expression « faire un tour ». Deux acteurs se contredisent sur la théorie et la pratique du théâtre. Quelqu’un se débat avec un passant qui veut absolument lui parler de son frère, alors qu’il n’a pas de frère…

On a tort de tout vous raconter ? Mais on ne vous raconte pas tout. Ce court spectacle comporte toute une série de duos brefs dont la situation absurde compte moins que le développement de répliques de plus en plus folles. Jean-Claude Grumberg avait déjà fait preuve de cet esprit-là, mais, là, pour le plaisir de s’amuser, il part en toute liberté sur les territoires réservés de Dubillard et de Ribes et égale ses confrères avec ces mini-textes qui sont à la fois des matches entre gens égarés et des glissades où la raison se perd en route autant que le sens habituel des mots. La mise en scène de Johanna Nizard place ces scènes dans un no man’s land où tout se joue avec des comédiens proches du public (de plus en plus proches, car le décor ne cesse d’avancer insensiblement et de pousser les acteurs à l’avant-scène !) Renaud Danner et Etienne Coquereau exploitent deux tempéraments opposés : une jovialité vorace pour le premier, une distance faite de hauteur pour le second. Ils forment un couple épatant, qui mène cette soirée au sommet de la dinguerie qui fait boiter notre logique et nos certitudes, tout en épinglant la bêtise ambiante.

Si ça va, bravo de Jean-Claude Grumberg, mise en scène de Johanna Nizard, scénographie et son d’Othello Vilgard, lumière de Paul Beaureilles, chorégraphie de Marie Bonnet, costumes de Louise Hendricks, avec Etienne Coquereau et Renaud Danner.
Festival d’Avignon, théâtr des 3 soleils à 12h30, jusqu’au 26 juillet. Tel. 0490882733. Texte aux éditions Actes Sud Papiers. (Durée : 1 h).

Pacome Poirier/Wikispectacles

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