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Critiques / Musical

Rose et Rose de Valérie Alane et Alvaro Bello

par Caroline Alexander

En musique et en danses, pour petits et grands, une ludique leçon de savoir mieux vivre

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L’Académie de l’Opéra national de Paris, reçoit dans les espaces de son amphithéâtre la 57ème production du CRÉA, le Centre de création vocale et scénique d’Aulnay-sous-Bois qui depuis 1987, date de sa création par Didier Grojsman, rend accessible à toutes et à tous la pratique artistique, particulièrement celle de l’éveil musical par le chant.

Quarante garçons et filles de 12 à 17 ans s’ébrouent sur scène, ils chantent, ils dansent, ils jouent, ils font les clowns et les acrobates avec une précision, un dynamisme et un plaisir qui feraient pâlir d’envie bien des professionnels adultes. Il est vrai que chaque détail dans cette œuvre de théâtre et de musique a été taillé à leurs mesures. Et l’histoire qu’ils racontent se déroule en prise directe avec de possibles vécus.

Il était une fois Rose, Rose, rousse aux nattes arquées, Rose mal dans sa peau. Timide, introvertie, au collège, elle est la tête de turc de ses camarades de classe et de cour de récré. Ils la harcèlent de mots durs et de gestes déplacés. Ils la surnomment « rien ». Violence morale. Violence physique. Rose ne veut plus de cette école. Elle s’enferme dans sa chambre, croque son autoportrait. Et ce portrait tout à coup prend vie : une autre Rose nait de son crayon, copie parfaite de son modèle mais avec un moral de battante. « Doble Rose », la fonceuse, ira à l’école à la place de Rose, la résignée. Et, à coups de pièges et de chausse-trappes, remettra à leur place les gars et les filles qui se croyaient les maîtres du tout permis.

La musique d’Alvaro Bello, guitariste et compositeur originaire du Chili, surfe sur les registres du théâtre musical, à la façon d’Eisler ou de Weill, en leur adjoignant mélodies et rythmes d’aujourd’hui, jazz et folk, du rag et du rap. Les voltiges virtuoses sont mises au placard, tout est jouable, tout est chantable et les airs solistes se greffent dans la mémoire à la manière de comptines. Par sa simplicité, son articulation directe, la langue de Valérie Alane, auteur du livret, est à la fois claire et poétique, les mots se transforment en jeux de Monopoly – « lotus et mouche cousue » - le thème du harcèlement s’y glisse en fondu enchaîné.

Autour de ces deux bases se sont greffées l’inventivité déliée de la mise en scène de Jean-Michel Fournereau et les chorégraphies précises, gambadeuses d’Ibrahima Sissoko. Un fond de scène comme un écran suspendu où viennent s’animer les dessins d’Emilie Phuong, un lit baladeur, une armoire boîte à surprises, repaire des rêves et des personnages. Scénographie sobre, costumes pleins de fantaisie, lumières baladeuses (Justine Bougerol, Isabelle Pasquier, Gilles Fournereau), chaque détail trouve sa juste place.

Pour spectateurs de dix ans et plus indique le programme. Tel quel il s’adresse à tout âge, et, par la singularité de sa forme et la vigilance ludique de son exécution, il pourrait servir de modèle.

Rose et Rose, conte pédagogique mis en mots par Valérie Alane, en musique par Alvaro Bello. Production du CRÉA par 40 comédiens-chanteurs-danseurs, six musiciens (Bruno Perbost, piano, Alvaro Bello, guitare, Arnaud Cuisinier, contrebasse, Arnaud Sacasse (saxo, clarinette, Franck Stecker, percussion). direction musicale Didier Grosjman, mise en scène, Jean-Michel Fournereau, chorégraphie Ibrahima Sissoko, scénographie Justine Bougerol, costumes Isabelle Pasquier, lumières Gilles Fournereau.

Amphithéâtre Bastille,
Tout public les 21, 27 & 28 janvier à 20h,
Scolaires les 23, 24 & 26 janvier à 14h. –
08 92 89 90 90 – www.operadeparis.fr

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