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Réouverture du Théâtre de l’Athénée

par Caroline Alexander

Folle soirée où Maxime Pascal entraîne Berlioz et son orchestre Le Balcon dans une Symphonie « fantasmatique »

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Alors que le Théâtre de la Ville vient de fermer ses portes pour travaux, le Théâtre de l’Athénée rouvre enfin les siennes après une année de pause forcée. Les vieux théâtres parisiens, classés au patrimoine culturel de la ville, font peau neuve, c’est dans l’air du temps. Portes closes depuis près d’un an à l’Opéra Comique dont on redécouvrira la nouvelle jeunesse au printemps 2017 alors que le Châtelet s’apprête à son tour à une cure de renouveau au terme du mandat de Jean-Luc Choplin son actuel directeur.

L’Athénée fut au cœur de la créativité de Louis Jouvet – dont il porte le nom – de 1934 à 1951, Patrice Martinet qui en assure la dynamique gestion depuis 1993, précise et rassure au sujet des travaux : « rien n’a changé, tout est mieux ». En effet, aucun signe extérieur de modernisme n’est visible – les transformations techniques ont été réalisées en lieux clos – et pour le reste, tout a été remis à neuf scrupuleusement à l’identique, des ajouts superflus ont été éliminés comme le sol de l’entrée qui a retrouvé sa mosaïque carrelée recouverte de poussiéreuse moquette, les dorures de la salle ont retrouvé leur éclat, les fauteuils sont garnis de velours tout frais et la fosse d’orchestre a été approfondie… Car ce petit théâtre à l’italienne à la façade vitrée art déco est sans doute le seul de sa taille à être équipé d’une fosse pouvant accueillir un ensemble classique de musiciens.

Programmation mixte

L’élément est indispensable à la programmation mixte chère à Martinet, oscillant entre musique et théâtre ou réunissant les deux. Elle va donc reprendre dans un programme où notamment Philippe Caubère alternera avec Marianne Pousseur ou Brigitte Jacques, où Pirandello et Strindberg relayeront Schönberg ou Janácek sans oublier et la compagnie Les Brigands qui accompagnera à nouveau les fêtes de fin d’année avec ses opérettes déjantées.

Coup d’envoi en horizons ludiques

C’est le samedi 24 septembre que le coup d’envoi a joyeusement retenti avec une Symphonie Fantastique d’un Berlioz revu et réinventé par Arthur Lavandier et mis en scène orchestrale par Maxime Pascal et son ensemble Le Balcon, accueilli en résidence à l’Athénée. Le concert fit décoller Berlioz vers des horizons ludiques où un cor des Alpes, une guitare électrique et un clavier midi s’insèrent parmi les instruments traditionnels – dont le sublime premier violon de You-Jung Han – tandis que l’impertinente fanfare « Tonton a faim » - c’est le nom farfelu que lui ont attribué ses cuivres et vents de Carcassonne – passe de la salle à la scène en tonitruante conclusion.

Rien ne fut ordinaire dans cette soirée inaugurale. L’imagination potache se substitua aux règles traditionnelles. Sous la scène, dans la salle, les fauteuils d’orchestre furent entreposés dans un lieu inconnu. Le parquet tout neuf avait des airs de cire astiquée. Les spectateurs étaient invités à écouter debout cette Symphonie fantastique devenue fantasmatique. La plupart optèrent pour une position au sol, assise à défaut de pouvoir être allongée par manque de place. La corbeille et les balcons avaient conservé leurs sièges. L’écoute fut décontractée, l’attention souriante. Maxime Pascal, du haut de ses 31 ans, avec son air d’ado à peine sorti du lycée, dirigeait mains nues et pieds trépidants. On entendait Berlioz revisité en dissonances, en soubresauts synthétisés, en pulsions jazziques, un assemblage de libertés parfaitement contrôlées qui trahissaient peut-être la lettre de son géniteur mais pas son esprit.

Un disque en été tiré sous le label Le Balcon que Maxime Pascal vient de générer. Il ne restitue évidemment pas l’ambiance du concert « live », mais il est équipé d’un code de téléchargement pour qu’on puisse entendre une « version binaurale en 3D » sous casque… (sans assourdir le voisinage)

Le concert achevé la soirée se poursuivit en jeux biscornus (un quizz musical où les gagnants étaient priés d’offrir leur prix à une personne qu’ils ne connaissaient pas…), en fanfares, photos, cinémas… C’était la grande cour de recré où les adultes ont eu enfin le droit de redevenir des enfants.

Théâtre de l’Athénée - Louis Jouvet,
7, rue Boudreau
75009 Paris
www.athenee-theatre.com - 01 53 05 19 19

Photos Zamil Zihnioglu

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