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Portrait d’acteur : David Arribe

par Gilles Costaz

A l’écran dans "Mes frères" et bientôt à l’Atelier dans "Face à face".

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David Arribe apparaît de plus en plus grand dans notre viseur : il tient le rôle principal du film fort et poignant de Bertrand Guerry, Mes frères, ce qui va lui assurer une plus grande visibilité. Pour le théâtre, il jouait récemment Lettre de non-motivation de Julien Prévieux au Festival d’automne, après avoir été l’un des acteurs essentiels des pièces de Nasser Djemaï et Hugo Paviot. A la rentrée, on le verra sur la scène de l’Atelier – nous allons en parler !
Dans le film de Guerry, il joue un rôle que plusieurs comédiens avait refusé. Trop difficile d’incarner un malade, qui ne tient pas sur ses jambes, atteint de la FOP (fibrodysplasie ossifiante progressive, dite aussi maladie de l’homme de pierre) et qui affronte, en plus de son mal, la relation avec un frère en pleine possession de ses moyens physiques, la paternité et le retour d’une femme.
« C’est un rôle qui me plaît, extraordinaire et un peu monstrueux, dit Arribe. J’ai toujours eu une affection particulière pour les cramés de la vie. Ce personnage de Rocco est un roi sans royaume. Il joue avec la mort, en sachant qu’il ne devra sa survie qu’à lui-même et en parcourant les contradictions de l’espèce humaine. Avec Bertrand Guerry, on a travaillé comme au théâtre, en préparant les scènes de tournage. Son film reflète sa passion de la fratrie. Et mon Rocco est presque constamment en relation avec son frère, joué par le frère de Bertrand, Thomas Guerry ! C’est quelqu’un qui vient de la danse. On a tout créé en binôme. Lui a été le mouvement, moi la parole. Nous étions comme des frères siamois. J’ai de mon côté beaucoup étudié la maladie. J’ai notamment rencontré un enfant de dix ans, atteint de ce mal, qui m’a donné une leçon de vie tant il était lumineux. On a étudié toutes les scènes en fonction de l’état de douleur. Bertrand, qui était auparavant un réalisateur de documentaires, marche à l’intuition. Il met tout en place pour permettre les échappées belles. »
Le film, lors des avant-premières, a suscité beaucoup d’adhésion et d’émotion. David Arribe participe à son lancement. Il ne fait pas de théâtre en juillet, lui qui fut un familier du festival off à Avignon. Il y a notamment créée la très belle trilogie d’Hugo Paviot, Les Culs-de-plomb, La Mante et Vivre : « C’est dix ans de ma vie. Trois rôles magnifiques. J’aime accompagner les auteurs dans leurs œuvres naissantes. J’aime les voir passer un cap. » Il a été aussi l’un des interprètes de la pièce saissante de Nasser Djemaï, Invisibles, sur les chibanis, ces Algériens venus travailler en France et vivant la fin de leur vie oubliés de tous.
A la rentrée, il créera Face à face, un scénario d’Ingmar Bergman resté inédit. Il partagera la scène avec Emanuelle Bercot. Le spectacle, mis en scène par Léonard Matton, arrivera à l’Atelier en janvier mais fera l’objet d’avant-premières en septembre. Une étape de plus dans une vie où les expériences s’additionnent sans s’effacer. « Les rôles préparent les autres rôles, dit David Arribe. On ne sort jamais d’un rôle, dit Arribe. On le garde avec soi. Quand un grand acteur comme Michel Bouquet vient jouer une nouvelle pièce, il vient avec tous ses rôles ».

Mes frères, en salle le 5 juillet.
Un film de Bertrand Guerry, scénario de Sophie Davout, avec DAVID ARRIBE, THOMAS GUERRY, SACHA GUERRY, GUILLEMINE BOULTE, SOPHIE DAVOUT, CHRIS WALDER, CLÉMENT DUCOL, CLÉMENTINE DE GEOFFROY, JOSEPH GUERRY, FRANÇOIS TRALLOC.

Photo Florian Martin. Cinémersion.

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