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Critiques / Musical

Poésies rebelles par Mireille Rivat

par Gilles Costaz

Une comédie musicale sur le Che, passée et à venir

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« L’argile fondamentale de notre oeuvre est la jeunesse. Nous y déposons tous nos espoirs et nous la préparons à prendre le drapeau de nos mains », écrivait Ernesto Guevara, dit le « che ». Mireille Rivat a voulu rendre hommage à cette figure mythique, le compagnon de lutte de Fidel Castro, dont l’image a hanté et enflammé plusieurs générations. En préface à son disque Poésies rebelles, elle dit : « J’ai voulu rendre hommage à cette icône si mal connue qu’était Guevara, citoyen du monde, amoureux de la poésie, au coeur de la culture de son continent. Dans sa course pour combattre l’injustice il emporte avec lui des livres. Il écrivait lui-même des poèmes. On l’imagine dans son hamac en Bolivie lire Neruda et Freud…Toutes ces poésies rebelles donnent un souffle à l’histoire. La musique et les mots s’épousent pour porter la parole à travers le temps. Citoyens du monde, nous sommes porteurs de ces messages. »
Il y a eu d’abord, l’an dernier, une comédie musicale, Lorsque s’allument les brasiers, à Aubervilliers et à la Fête de l’humanité : un spectacle conçu par Mireille Rivat, où les images d’archives vidéo donnaient une dimension historique à une action interprétée par Alexis Berecz et Roza Polvert et surtout arc-boutée sur des chansons de Rivat et d’autres auteurs. Comme cette comédie musicale tarde à trouver une production qui lui permettrait de trouver une plus grande audience, le CD qui vient de sortir permet d’avoir des traces, des souvenirs, une sorte de rêve sur ce qui fut et qui pourrait revivre : une spirale musicale où tourne une lointaine décennie de réalité et d’utopie révolutionnaires.
C’est ainsi que l’on découvre que Quand s’allument les brasiers est un authentique poème du Che, transposé en chanson par Hélène Martin – laquelle avait aussi beaucoup mis en musique Neruda dans des compositions également présentes sur ce disque, que certains airs folkloriques évoquent la sueur du peuple et le rythme de sa vie avec une formidable évidence, que Moustaki (Sans la nommer) peut entrer dans la danse des espérances latino-caraïbes sans détonner, qu’il est bien de ne pas oublier Maurice Fanon (Le Che) et que Mireille Rivat – pour revenir à celle qui est à la fois aux commandes du disque et sur ses sillons – adapte avec un égal bonheur des poètes et des chansons populaires. Sa voix à elle, Mireille Rivat, est puissante et veloutée, swingue, gronde et s’émeut à volonté. Les émotions, les éblouissements, les langueurs et les fureurs dansent dans son timbre à dix couleurs et les accompagnements de Philippe Servain, Eric Sauviat, Guillaume Farlait, Julien Agazar et Philippe Lees. Un trésor pour ceux qui croient aux lendemains qui swinguent, et pour ceux qui n’y croient pas.

Poésies rebelles, Lorsque s’allument les brasiers, un CD Arts et SpectAcles, ASCD170601. Dessin d’Eric Letinier-Simoni.

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