Du mardi 7 au mardi 21 juillet à 19h20, à La Manufacture - Festival Off Avignon, relâches les jeudis 9 et 16 juillet.
Paris et Miki, texte, interprétation et mise en scène Michael De Cock (Belgique).
Gardons l’art en réserve, salutaire, salvateur, le prétexte à la distance et à la réflexion.

Michael De Cock est une figure du paysage culturel flamand. Auteur, metteur en scène, scénariste, acteur, ex-directeur artistique du Théâtre royal flamand (KVS) à Bruxelles, il prend la direction du Théâtre de Liège en septembre 2026. Il adapte à la scène son texte et engage avec le public une conversation sur l’aventure de l’art, depuis les coulisses du KVS jusqu’à l’autre bout du monde. Pourfendeur des médias démagogiques et défenseur d’un théâtre polyphonique, son humour et son expérience font l’éloge de l’audace et du courage impétueux des artistes qui ne lâchent rien.
« Quand j’avais vingt ans, le pays était placardé d’affiches sur lesquelles on pouvait lire, à côté d’un petit joueur de fifre, la question suivante : l’art peut-il sauver le monde ? C’était une campagne de la ville d’Anvers, cette année-là Capitale culturelle de l’Europe.Trente ans et une demi-vie plus tard, je me pose toujours la même question. » (Michael De Cock)
L’art peut-il sauver le monde ? Michael De Cock répond à cette question enfantine et surannée, qui tient de la bonne conscience, mais n’en est pas moins essentielle, symbolique de l’état d’un monde qui paraît mal en point.
A la fois facétieux et profond, ironique et sensible, il parcourt une expérience d’artiste, depuis sa Belgique flamande et ses festivals de musiques furibonds, jusqu’au Chili de Pablo Neruda avec la Casa de Isla Negra, la maison du poète dont les baies vitrées donnent sur la mer et le ciel – regard privilégié.
Il évoque encore, entre autres, Federico Garcia Llorca et ses engagements politiques, Stefan Zweig et son Monde d’hier, les Souvenirs d’un Européen. Sans oublier la chorégraphe Anne Teresa de Keersmaeker et bien d’autres.
Ce seul en scène, rappel d’une période libre, fondatrice précise des années 1980/90, tient du récit autobiographique et du manifeste défendant l’art et la culture – éloge de la quête de beauté et d’émotion, quand tout se fait laid.
Dans cette « dramedy » stand-up, le comédien joue, chante et récite des poèmes. Il raconte encore sa rencontre, lors d’un festival de musique, avec la déesse de ses rêves qu’il pensait ne pouvoir jamais rencontrer, Paris Hilton, femme d’affaires, personnalité médiatique, mannequin, actrice et disc jockey américaine, considérée comme une jet setteuse, arrière-petite fille du fondateur de la chaîne des Hôtels Hilton. Il lui fait visiter le théâtre du KVS à Bruxelles. Quel est le rapport avec l’art ? La voilà pourtant qui revêt la robe de Madame Tourvel des Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos.
Entre deux anecdotes avec la star américaine, l’acteur passe des disques, expose des tableaux et des affiches de festivals, faisant référence aux poètes et auteurs de littérature, aux peintres, musiciens et spectacles émouvants.
Il engage la conversation avec le public : A quoi passe-t-on sa vie ? Gardons l’art en réserve, salutaire, salvateur, le prétexte à la distance et à la réflexion.
Un moment plutôt rayonnant – sympathie, ouverture – qui réconcilie soi et le monde.
Paris et Miki, texte, interprétation et mise en scène Michael De Cock (Belgique), scénographie Stef Depover, assistanat à la mise en scène Bahar Temiz, graphisme Nour Abdo. Tout public à partir de 14 ans. Du mardi 7 au mardi 21 juillet à 19h20, à La Manufacture - Festival Off Avignon, relâches les jeudis 9 et 16 juillet. Du 29 au 30 octobre 2026 au Théâtre National du Luxembourg. Du 12 au 15 janvier 2027 au Théâtre de Liège (Belgique). Du 2 au 4 avril 2027 au Théâtre du Rond-Point, Paris.
Crédit photo : Karolina Maruszak.



