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Critiques / Théâtre

Nous, rêveurs définitifs de Clément Debailleul et Raphaël Navarro

par Gilles Costaz

Viens voir les magiciens !

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En fin de saison, le Rond-Point de Jean-Michel Ribes délaisse un peu les textes. Dans ce registre, il ne garde à l’affiche que Rendez-vous gare de l’Est de Guillaume Vincent et bifurque vers le visuel, avec Fair-Play de Patrice Thibaud (voir la critique de Corinne Denailles) et ce « cabaret magique » dont le titre se réfère à une formule d’André Breton, Nous, rêveurs définitifs. En réunissant quelques-uns de plus grands artistes de la « magie nouvelle », Clément Debailleul et Raphaël Navarro se mettent en accord avec une sorte de manifeste publié dans le programme et qui proclame : Nous « proposons une écriture de l’énigme qui se fait temps suspendu, une aspiration au rêve, revendiquons l’absolue nécessité de réinventer les règles du réel… »
Pari tenu avec un spectacle qui change d’échelle, prenant tout l’espace de la grande scène, se repliant en castelet à l’avant-scène ou se déplaçant parmi le public. Le rythme et le ton sont donnés par les grands magiciens bateleurs que sont Eric Antoine, géant de la manipulation et du bagout, et Yann Frisch, barbu faussement lunaire qui trompe les hommes et les objets comme personne. Une étrange créature filiforme vole au-dessus de nos têtes, une danseuse, Ingrid Estarque, finit son ballet en lévitation, Etienne Saglio brouille le mouvement et les apparences. C’est à la fois très technique et très artisanal. L’on est sans cesse bluffé, et mis en cause par ces faiseurs d’illusions qui ne se gênent par pour rire de notre perplexité. Ah ! On reprendrait bien un tour de cartes. Mais le spectateur propulsé de son fauteuil à la scène n’en peut plus de se faire piéger. De toute façon, le spectacle est riche en coups de théâtre et, ce qui est rare, occupe le volume de la salle Renaud-Barrault avec un sens plastique rare en ce milieu de tapeurs de cartes, dissimulateurs de colombes et enfumeurs de boîtes mystérieuses.

Nous, rêveurs définitifs, spectacle composé par Clément Debailleul et Raphël Navarro, vidéo de Clément Debailleul, lumière d’Elsa Revol, costumes de Jean-Paul Gaultier, Cathy Péreaux, Ysa Joly, Catherine Rigaux, chorégraphies de Aragorn Boulanger, Fatou Traoré, Aude Arago, avec Eric Antoine, Ingrid Estarque, Yann Frich, Etienne Saglio, Calista Sinclair et les musiciens Madeleine Cazenave et Camille Saglio.

Théâtre du Rond-Point, 21 h, tél. : 01 44 95 98 21, jusqu’au 3 juillet. (Durée : 1 h 45).

Photo Clément Debailleul.

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