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Critiques / Opéra & Classique

Nabucco de Giuseppe Verdi

par Caroline Alexander

Théâtre et foi religieuse en fusion sur une même scène

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Avec le metteur en scène britannique John Fulljames, le légendaire roi de Babylone mis en opéra par un Giuseppe Verdi d’à peine 29 ans, tourne le dos aux traditionnelles grandes fresques façon péplum à la Ben Hur pour se concentrer en toute intimité dans un espace de méditation et de foi, celui d’une synagogue, lieu emblématique dont les rites et symboles fusionnent ici étrangement avec ceux du théâtre.

Cette mise en scène si singulière et si juste a vu le jour à l’Opéra National de Lorraine de Nancy dans l’espace classique de sa scène à l’italienne (voir WT 4393 du 28 novembre 2014). Transférée à Montpellier dans la surface spacieuse du Corum, son décor y respire plus large, ses vitraux semblent s’ouvrir au loin sur la mer.

La synagogue de Slovénie qui a servi de modèle au décorateur Dick Bird y trouve plus d’assise, laissant en coulisses, si on peut dire, son côté vieille chose rafistolée. Zaccaria y est toujours un rabbin portant kipa et talith à franges et l’ensemble des Hébreux, des juifs ordinaires, hommes, femmes, enfants habillés comme on s’habillait au XXème siècle c’est-à-dire comme on s’habille encore aujourd’hui. Des vêtements neutres en quelque sorte qui leur confèrent une forme d’intemporalité.

Mais les principaux personnages portent encore des habits reliés à leurs fonctions. Nabucco souverain et les Assyriens qui forment son peuple, tout comme Baal leur grand prêtre, sont toujours équipés de larges capes et coiffés de couronnes fantaisistes. Le très attendu « Va pensiero » qui à Nancy semblait résonner à l’étroit, en revanche colonise ici largement l’espace.

Le baryton Giovanni Meoni prête à nouveau sa tessiture veloutée et sa présence pudique au rôle-titre. Pour celui de Zaccaria, Luiz-Ottavio Faria, basse brésilienne, a remplacé in extrémis avec aplomb et toute la noirceur requise Oren Gradus initialement prévu mais souffrant. L’américaine Jennifer Check, soprano d’ampleur et de caractère, endosse les tourments et les rages d’Abigaille.

A la tête de l’Orchestre national Montpellier Occitanie dont il est chef principal depuis 2015, le danois Michael Schönwandt travaille en parfaite connivence avec ses musiciens auquel il insuffle l’énergie verdienne et ses envolées poétiques.

De Nancy à Montpellier le transfert est réussi.

Nabucco de Giuseppe Verdi, livret de Temistocle Solera, Orchestre national Montpellier Occitanie, direction Michael Schönwandt, mise en scène John Fulljames reprise par Aylin Bozok, décors Dick Bird, costumes Christina Cunningham, lumières Lee Curran. Avec Giovanni Meoni, Davide Giusti, Luiz-Ottavio Faria, Jennifer Check, Fleur Barron, David Ireland, Nicola Todorovitch, Marie Sénié.

Montpellier-Le Corum, du 15 au 20 mai 2018
04 67 60 19 99 – www.opera-orchestre-montpellier.fr

Photos Marc Ginot

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