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Critiques / Théâtre

Microthéâtre au City 27

par Gilles Costaz

Place aux jeunes !

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Stephan Druet est un jeune as du théâtre musical. Il fourmille d’idées, et il en met beaucoup en pratique. Les débuts de Marisa Berenson sur une scène parisienne, au Poche, dès le 24 mai, c’est lui (il la met en scène dans son propre spectacle, Berlin Kabarett). Et les « Microthéâtres » du City 27, c’est lui aussi. Le principe est tout simple : il faut donner leur chance à des jeunes sur une forme courte. La scène du City 27 faisant 27 mètres carrés, chaque mini-spectacle occupe cette surface devant un public estimé à 27 personnes et dure environ 27 minutes. On ne garantit pas l’exactitude ces chiffres malicieusement établis à partir de l’adresse du lieu : 27, cité Industrielle. A chaque séance, il y a trois micro-pièces, écrites sur un thème commun – en ce moment, le couple pour la soirée du lundi et l’argent pour la soirée du samedi. L’équipe de chaque texte se constitue au gré des contacts. Les auteurs s’inscrivent sur le site du théâtre, qui est une porte ouverte aux auteurs connus ou inconnus ; si un projet de pièce plaît, des acteurs s’impliquent et l’affaire se monte dans le plaisir d’une collaboration entre gens qui, dans la plupart des cas, n’ont jamais travaillé ensemble. Ensuite, sur scène, il n’y a que quelques cubes comme éléments de décor. A chacun de tirer de ce minimum le maximum.
Bien que Stephan Druet soit l’un des auteurs de ce premier cycle (il n’a pas résisté à la tentation de se considérer comme un jeune écrivain, ce qu’il est, au bout du compte ! ), on rencontre là des plumes tout à fait neuves et ignorées. Nous n’avons pu voir que la soirée centrée sur le thème du couple. La pièce de Druet renversait les conventions d’une manière très joyeuse et largement musciale : excellente interprétation de Marie Daude, Sylvain Binetti et Sebastiàn Galeota. Celle d’Armelle Stépien allait vers plus de gravité, servie finement par Emma Fallet et Jean-Baptiste Guinchard. Enfin, celle de Nicolas Sapnoudis s’interrogeait sur les mariages ourdis par les parents avec une belle truculence dans le texte comme dans le jeu de Anne Cosmao et Alexandre Lachaux.
Microthéâtre, sur un autre mode que la « Mise en capsules » du Ciné-Théatre XIII, ressucite ce qui a fait la grande époque du théâtre parisien : les petits salles, les caves où tout semble possible et où émergent les talents hors système, hors people et hors esprit de sérieux. On s’amuse comme au cabaret – zakouskis et boissons sont proposés aux entractes –, tout paraît léger mais l’écriture et le jeu sont à la fête.

Microthéâtre : lundi, 19 h 30, trois pièces sur le thème du couple : Laundrette de Stephan Druet (mise en scène de l’auteur), Follow the love d’Armelle Steplen (mise en scène de Sebastiàn Galeota), A rebrousse-poil de Nicolas Sapnoudis (mise en scène de l’auteur). Samedi, 19 h, trois pièces sur le thème de l’argent : Cielos d’Anne-Alice Fontaine, Bien mal acquis de Michel Heim, Le Prix des larmes de Nicolas Spanoudis. (City 27 Microthéâtre est un format conçu par Stéphan Druet, Sebastiàn Galeota, Emma Fallet, Armelle Stépien et Nicolas Spanoudis).

City27 27, cité Industrielle 75011 Paris, www.city27microtheatre.com, jusqu’au 9 juillet. (Durée : entre 1 h ½ et 2 h).

Photo DR.

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