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Critiques / Théâtre

Marilyn, intime de Claire Borotra

par Gilles Costaz

Tout à fait glamour

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Sur Marilyn Monroe, propulsés par le cinquantenaire de sa mort l’an dernier, les spectacles se sont multipliés. En voici un nouveau où Claire Borotra imagine et joue elle-même les carnets intimes de la star. Elle a travaillé à partir d’une documentation solide et l’on ne la piègera sur des détails. L’inconnue Norma Jean gravit les échelons de sa phénoménale carrière devant nous, passant de sa chambre à coucher à des palaces suggérés, sautant des bras d’un joueur de base-ball à un écrivain de renom, accumulant les amants d’un air ennuyé mais prenant du plaisir à séduire Yves Montand. Un jour, le dégoût de la vie est trop fort. Suicide et clap de fin.
Comme par hasard, le seul meuble présent sur le plateau est un lit. Claire Borotra le contourne, s’y asseoit, s’y couche, en déshabillé, en robe du soir ou faussement nue. Elle s’en va aussi le long d’une balustrade, comme pourrait errer dans la rue le plus beau fantôme de la nuit qui soit. De cet hommage nostalgique on peut dire que c’est un sans faute. C’est joliment écrit, finement joué, bien soutenu par une mise en scène discrète de Sally Micaleff. Claire Borotra joue comme elle écrit, avec et délicatesse. Sans doute ne sent-on pas assez le drame et la souffrance, comme on l’éprouvait dans la pièce de John Arnold d’après Blonde de Joyce Carol Oates. L’actrice s’efforce d’évoquer un peu ces forces noires – les milieux interlopes, Kennedy, l’avortement de son enfant, la solitude de la bombe sexuelle - qui traquent la star, mais ce n’est pas vraiment dans son tempérament. Elle n’est que charme et, ma foi, l’on s’en contente. Elle est parfaitement glamour.

Marilyn, intime de et avec Claire Borotra, adaptation de Didier Goupil, mise en scène de Sally Micaleff, son de François Peyrony, lumières de Jean-Philippe Miguié, costumes de Juliette Chaneau et Séverine Thiébault.

Théâtre du Rond-Point, tél. : 01 44 95 98 21, jusqu’au 5 juillet. (Durée : 1 h 15).

Photo Giovanni Citadini Cesi.

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