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Critiques / Théâtre

Lulu de Wedekind

par Gilles Costaz

Un mythe à moitié joué

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Lulu femme fatale ! La femme qui a plusieurs amants et les soumet à sa domination, les rend fous, les épouse et les additionne jusqu’à sa déchéance en prostituée et à sa mort, assassinée à Londres par Jack l’Eventreur… Il faut être sacrément audacieux pour affronter la double pièce de Wedekind, qui défie la morale, la logique et les normes du théâtre. Paul Desveaux affronte Lulu crânement, avec un sens du spectacle entier, puisqu’il compose parfaitement une atmosphère de cirque et de music-hall qu’il mêle au climat des intérieurs luxueux et des alcôves – il y a même un véritable artiste de cirque descendant des cintres et tournant sur une corde. Il libère aussi la sensualité d’une belle manière progressive. L’actrice qui joue Lulu, Anne Crescent, est plutôt une interprète élégante et littéraire, mais elle s’empoigne du rôle avec panache et incarne peu à peu ce mythe de la liberté féminine sexuelle. Mais Desveaux ne parvient pas à rester à la même hauteur toute la soirée. Sa deuxième partie, avec des marionnettes à taille d’homme (en fait, ce sont des femmes !) et un costume de life show pour Lulu, manque tout à coup de goût et de justesse. Mais il y a de l’ampleur, une interprète éclatante, une troupe sans cesse dans l’énergie, de la dynamite, du vertige. On entre, au moins à moitié, dans cette folie toujours explosive.

Lulu, tragédie de Frank Wedekind
en deux parties : L’Esprit de la terre et La Boîte de Pandore,
traduction Ruth Orthmann et Eloi Recoing
mise en scène et scénographie Paul Desveaux
assistante à la mise en scène Amaya Lainez
musique Vincent Artaud
chorégraphie Cécile Loyer
lumière Laurent Schneegans
costumes Alexia Crips Jones
conceptrice marionnette Einat Landais
avec Antoine Berry-Roger, Serge Biavan, Ninon Brétécher, Fabrice Cals, Anne Cressent, Daniel Delabesse, Andréas Goupil, Thomas Harel, Jonas Leclere, Alain Payen, Baptiste Roussillon
musiciens Michaël Felberbaum guitare, David Grébil batterie/percussions, Vincent Lafont synthé/claviers

Théâtre 71, Malakoff, tél. : 01 55 48 91 00, jusqu’au 19 janvier. (Durée : 3 h 20 avec entrracte.

Photo Christophe Reynaud de Lage.

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