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Critiques / Théâtre

Les tortues viennent toutes seules de Denise Bonal

par Gilles Costaz

La France populaire des années 50

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Denise Bonal est morte en 2011. C’était l’un de nos grands auteurs. Rien que sa manière de présenter sa pièce, Les tortues viennent toutes seules, révèle tout son talent. La compagnie El Duende, qui donne une nouvelle mise en scène de cette œuvre, cite ce qu’elle écrivait : « Nous sommes en 1954. Des événements historiques qui se sont déroulés au cours de cette même année ont été regroupés et traversent la pièce, lui donnant son implication dans le siècle. On pourrait dire que les personnages vivent dans un « temps éclaté », passent sans transition du présent au futur (cinq, huit, dix ans plus tard). Il n’est pas question de rêve éveillé, ni d’hallucination, ni de pataphysique. Ils ont seulement glissé dans le temps comme on glisse sur une plaque de glace. Ils en reviennent sans brûlure ni mémoire ».
C’est donc un tableau de la France quotidienne qu’a brossé Denise Bonal, avec sa population mêlée aux Français rentrés d’Algérie et bousculée par des idées de changement social et d’indépendance individuelle. L’équipe d’El Duende a pris des libertés qui ne sont pas exactement des libertés avec le texte mais a apporté des touches personnelles, liées à des connaissances, des souvenirs, la culture de chacun des acteurs. Le principe de transformer la pièce en spectacle musical permet d’introduire des chansons et des danses, qui sont d’autres indices d’une époque. Andrea Castro a orchestré un panorama historique d’une telle vivacité qu’il en devient le temps présent. Anita Vallejo a injecté la vivacité de sa musique et introduit les chansons de Lai et Barouh, Babara, Vian… Tous deux jouent aussi chacun un rôle au milieu d’une troupe importante (treize acteurs et trois musiciens) où il n’y a pas que des professionnels mais où chacun a le sens de l’implication et du détail. Dans le théâtre d’El Duende, il y a une fièvre populaire qui se traduit par un art d’une grande authenticité.

Les tortues viennent toutes seules de Denise Bonal, mise en scène d’Andrea Castro, direction musicale d’Anita Vallejo
Avec : Loreto Azocar, Louise Bauduret, Mathieu Cabiac, Andrea Castro, Sebastian Castro-Vallejo, Naïlia Chaal, Amélie Dumetz, Mehdi Kerouani, Sebastien Naud, Maïa Rivière, Tristan Rivière, Anita Vallejo, Philippe Yvelin.
Musiciens : Pascal Camors, Anita Vallejo, Luis Pradenas, Olena Powychrowsky.
Lumières : Romain Thomas
Photographies : Adrien Didierjean

Théâtre El Duende, Ivry, tél. : 01 46 71 52 29, jusqu’au 15 décembre. (Durée : 1 h 45).

Photo Raphaël Gerbeaux

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