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Critiques / Théâtre

Les NoNo font leur cirque de Marion Coutris et Serge Noyelle

par Gilles Costaz

Vingt artistes, deux chevaux et l’esprit Dada

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Toujours à contre-courant, mais dans le souvenir d’une Pina Bausch ou de ce théâtre qui a la liberté et la rigueur de la danse , Serge Noyelle et Marion Coutris ont longtemps fait vivre à Châtillon un théâtre où les textes étaient reçus comme des gifles et les gestes comme des défis à l’équilibre et au bon goût. Il y a peu, ils ont inventé le cabaret NoNo (comme Noyelle), tout à fait déjanté, qui retrouvait l’esprit berlinois, avec travestis et insultes au public. Les voilà partis à Marseille, où ils sont passés à la dimension supérieure, puisque c’est un vrai chapiteau qu’ils ont mis sur pied, avec artistes et animaux. Leur premier spectacle sous cette forme, Les NoNo font leur cirque, est en tournée. Halte à Antony, au précieux Espace Cirque, avant de partir à New York et à Berlin. Ce passage d’un art à l’autre était risqué. Coutris, Noyelle et leurs nombreux partenaires l’effectuent avec une aisance impressionnante, qui cache, bien entendu, un travail acharné.

Il y a deux chevaux, des acrobates, des trapézistes. Les enfants se mêlent au public. Mais on voit vite que les règles du jeu ne sont pas celles de Gruss ou de Bouglione. Le M. Loyal (Serge Noyelle lui-même) annonce : « C’est, bien sûr, interdit aux enfants », sans pour autant leur montrer la sortie. Et il ne se privera pas de provoquer les enfants (et les parents) ! Dans une robe géante, tout en haut, sous la toile du chapiteau, une chanteuse (Marion Coutris elle-même), égrène des chants aux textes surprenants et des phrases également étonnantes, traduisant des sensations physiques et des émois amoureux. L’un des chevaux est couché, avec une musicienne jouant de la clarinette sur son échine. Une acrobate se tient debout, immobile, sur les épaules de son partenaire, jouant avec les règles difficiles de la fausse immobilité. Tout à coup, tout se déchaîne. Les trapézistes et joueuses de cordes font des exploits dans les hauteurs. Les cavalières font des figures élégantes. Les sauteurs tourbillonnent. Mais la troupe, dans son ensemble, ou par petits groupes, part et revient, toujours différente : il y a des travestis, ridicules ou très stylés, cérémonieux ou kitch, « classieux » ou bouffons. Un charivari où les artistes portent des culottes monstrueusement rembourrées remporte la palme du délire. Il y a aussi des skieurs, des sabots, des souris blanches, de la neige… C’est dadaïste, au sens le plus fort du mot : c’est-à-dire avec une ironie lancée en direction des valeurs bourgeoises, et un rire un peu décadent pour proposer un art tout aussi élaboré et fou de nouveauté. Même les enfants adorent ce spectacle pour les grands. D’une originalité bienfaisante.

Les NoNo font leur cirque, texte et mise en scène de Marion Coutris et Serge Noyelle, avec vingt-quatre artistes. Musique de Marco Quesada.(Durée : 2 h).

Le Chapiteau à l’Espace Cirque d’Antony : du 21 janvier au 13 février.
Téléphone : 01 41 87 20 84, puis en tournée.

Photo : Cordula Treml

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