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Critiques / Théâtre

Les Bacchantes d’Euripide

par Jean Chollet

Lumineuse mise en scène de Bernard Sobel

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Ecrite peu avant sa mort, (- 408 avant J.C.)) cette œuvre de l’un des plus grands dramaturges de la Grèce classique, aborde une des thématiques ayant traversées les siècles, souvent avec violence et barbarie. La condition humaine face au repli identitaire, nationaliste, politique, social ou religieux à travers le monde, toujours en vigueur aujourd’hui. Sous une apparence de chair, le retour du fils de Zeus, le dieu Dionysos, dans sa ville natale de Thèbes, où git sa mère Sémélé morte foudroyée par son père, lui offre l’occasion d’affronter ceux qui rejettent ses origines divines et ses célébrations orgiaques. Accompagné par un groupe de bacchantes, il s’attaque en particulier à Penthée, incrédule et impie, héritier du pouvoir local transmis par le roi Cadmos, géniteur de sa mère Agavé, et provoque un choc dévastateur entre deux mondes. Entre raison et barbarie.

Avec le texte français percutant et la collaboration de sa fidèle complice, Michèle Raoul-Davis, Bernard Sobel, éclaire judicieusement certaines nuances complexes ou énigmatiques contenues dans la tragédie, avec beaucoup d‘intelligence et de sobriété théâtrale. Sa réalisation ouvre des interrogations et réflexions, qui invitent à un appel à la résistance face à toutes les doctrines préétablies, qu’elles soient éthiques, religieuses ou culturelles, pour respecter la dignité humaine. Il trouve un cadre adapté au Théâtre de l’Epée de bois, avec son mur de pierres au lointain accompagné de quelques vestiges de colonnes antiques, qui reçoit de fines projections vidéos allusives, avec au centre une référence au mausolée de Sémélé. (Jacqueline Boson). Parmi les onze excellents comédiens dans différents registres, on retiendra en particulier les interprétation de Matthieu Marie (Penthée puis Agavé qui devient infanticide) Vincent Minne (Dyonisos, à la fois dieu et diable), Claude Guyonnet (Cadmos), Jan-Claude Jay (Tirésias) et la belle présence des Bacchantes, Manon Chircen, Salomé Dienis Meulien, Asja Nadjar et Alexiane Torrès. Une bonne occasion de côtoyer dans une belle densité dramaturgique, Dyonisos, dieu de la vigne, qui fut aussi celui du théâtre.

© H. Bellamy

Les Bacchantes d’Euripide, texte français Michèle Raoul-Davis, mise en scène Bernard Sobel, avec Eric Castex, Manon Chircen, Salomé Dienis Meulien, Claude Guyonnet, Jean-Claude Jay, Matthieu Marie, Sylvain Martin, Vincent Minne, Asja Nadjar, Tchili, Alexiane Torrès. Scénographie Jacqueline Bosson, son Bernard Valléry, lumière Vincent Millet, vidéo Florent Ruch et Tchili, costumes Elodie Madebos. Durée : 1 heure 30. Théâtre de l’Epée de Bois – Cartoucherie jusqu’au 11 février 2018.

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