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Critiques / Festival / Théâtre

Lenz de Bücher, Lenz et Oberlin

par Gilles Costaz

Miniatures dans un décor géant

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Georg Büchner a raconté sous forme de récit le périple de son aîné Jakob Michael Reinhold Lenz. Ce texte, Lenz, a souvent été adapté au théâtre (Langhoff le mit en scène à la Comédie-Française). Cornelia Rainer, jeune figure de la mise en scène autrichienne, le transpose à son tour, en ajoutant des recherches personnelles. Ainsi est-elle allée dans le village où Lenz vécut plusieurs mois et a interrogé les religieux qui perpétuent le culte protestant et la mémoire du pasteur Oberlin, celui-là même qui logea Lenz pendant plusieurs mois en 1778 et rédigea un témoignage intéressant sous forme de journal. Le spectacle est donc riche de quelques éléments nouveaux même si l’on en retrouve les éléments connus. Lenz est montré marchant dans la nature, traversant les Vosges qui sont alors à moitié allemandes et à moitié françaises, dormant à la belle étoile, puis s’installant chez Oberlin, un pasteur bien hospitalier, jusqu’à ce que les relations dégénèrent. Lenz a une forme de génie, mais elle confine à la folie. Et Lenz ne croit pas en Dieu, ce qui ne peut pas enchanter un pasteur...
Le décor est très étonnant. Il ressemble à un grand circuit de train électrique, ou à un stand de montagnes russes (après le succès de ce spectacle en Autriche, en 2014, Cornelia Rainer appela sa compagnie Montagnes russes, en référence à cette scénographie qui lui avait porté chance). Il représente bien le style de la soirée : un art naïf, méticuleux, enfantin. Les personnages, dans la grandeur du décor, ont une dimension de marionnettes. Cornelia Rainer aime le détail et les miniatures. Tout est mis en place de façon délicate, avec le côté charmant et désuet de ce qu’on appelle ici, de ce côté de la frontière, les images d’Epinal. L’acteur principal, Markus Mayer, tout feu tout flamme (il accomplit un étonnant parcours sur les montagnes russes !), se détache d’un ensemble de comédiens et de chanteurs unis et peu différenciés en raison de leur jeu collectif. L’ensemble forme une jolie composition dans un décor saisissant. Mais la personnalité de Cornelia Rainer gagnera à amplifier l’intensité du jeu dans ses spectacles à venir.

Lenz d’après Georg Büchner, Jakob Lenz, Johan Friedrich Oberlin, adaptation et mise en scène de Cornelia Rainer, scénographie et costumes d’Aurel Lenfert, musique de Sophie Hunger, Christian Prader, Julian Sartorius, dramaturgie de Sibylle Dudek, lumière de Bernhard Schmidhuber, assistanat à la mise en scène de Claire Tudela, avec Anne Bennent, Jele Brückner, Jakob Egger, Noah Fida en alternance avec Merlin Miglinci, Markus Meyer, Heinz Trixner et le musicien Julian Sartorius.

Festival d’Avignon, programmation du in, lycée Saint-Joseph, du 8 au 13 juillet.

Photo Christophe Raynaud de Lage.

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