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Critiques / Théâtre

Le bruit court que nous ne sommes plus en direct par l’Avantage du doute

par Gilles Costaz

Des marginaux à l’assaut du langage télévisuel

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Un collectif crée une télévision marginale, différente, hostile aux grandes puissances économiques : Ethik-TV. Dès le début, les réunions de rédaction suscitent les conflits. C’est difficile d’être contre le système et d’y vivre. Le plus ancien du groupe a adoré une interview de Mylène Farmer dans Paris-Match. De quoi déclencher la colère de partenaires qui sont majoritairement fascinés par les civilisations des Indiens d’Amérique du Nord. Justement, d’Amérique, mais plus exactement, débarque du Brésil une jeune femme qui, fille d’une vieil ami d’un des membres du collectif, vient donner un coup de main à ces jounalistes peu professionnels. Elle est belle et porte, cachées en elle, sous des discours contestataires, les méthodes de l’Amérique. Ethik-TV encaisse les coups de révolutions intérieures sans trop trouver à l’écran la voix d’une révolution des mœurs.
C’est facétieux et souvent drôle, assez double dans sa pensée, puisqu’insolent mais ironique à l’égard de ceux qui veulent tout changer. C’est aussi une façon de ne pas être simpliste et de traquer une forme de vérité hantée par le doute qui figure dans l’intitulé de la compagnie. Les quatre acteurs-auteurs, Simon Bakhouche, Mélanie Bestel, Judith Davis, Claire Dumas et Nadir Legrand, ont tous une personnalité marquante, déjà appréciée lors de spectacles précédents. Mais la soirée, trop longue, porte trop les traces de la création collective : l’humour de l’un parle puis laisse la place à la sensibilité d’un autre (d’une autre : les femmes sont majoritaires), et ainsi de suite. C’est en tranches ! Selon les vagues de mots et d’images qui vous arrivent, vous êtes agacés ou séduits. Si l’on tient jusqu’au bout, la fin qui se moque de l’affaire Strauss-Khan et la traite avec les codes des tribus primitives du Brésil est assez grandiose.

Le bruit court que nous ne sommes plus en direct par et avec L’Avantage du doute : Simon Bakhouche, Mélanie Bestel, Judith Davis, Claire Dumas et Nadir Legrand, lumière et régie générale de Wilfried Gourdin, collaborations techniques (vidéo) de Kristelle Paré et Thomas Rathier, costumes et accessoires d’Elisabeth Cerqueira et Elsa Dray-Farges, collaboration artistique Maxence Tual.

Théâtre de la Bastille, à 20 h jusqu’au 16 janvier, à 21 h du 18 au 29 janvier, tél. : 01 43 57 42 14. (Durée : 2 h 15).

Photo Pierre Volot.

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