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Critiques / Théâtre

Le Portrait de Dorian Gray d’après Oscar Wilde

par Gilles Costaz

L’homme qui ne vieillissait pas

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Thomas Le Douarec pense que le roman Le Portrait de Dorian Gray est « la plus grande pièce que Wilde ait jamais écrite » ! L’acteur-metteur en scène l’a patiemment adaptée. Il en est à sa cinquième version et cinquième mise en scène de Dorian Gray ! Bien que nous n’avions pas vu les précédentes, l’on peut affirmer que, cette fois, c’est la bonne transposition. Le spectacle est élégant et distille savamment son étrangeté. Harry est l’ami de Dorian, dont la beauté fascinante a été fixée par le pinceau du peintre Basil Hallward. Dorian règne sur Londres de par sa beauté et a fait en sorte de ne jamais vieillir. C’est son portrait, accroché dans son appartement, qui prend les déformations de la vieillesse. Pas lui. Jusqu’à ce la mort vienne se mêler de la vie de l’homme et du tableau…
Pas d’accélération, pas d’éclats – hormis les apparitions d’une chanteuse dévêtue et fiévreuse. Dans la Londres victorienne, on marche lentement, dans de longs manteaux de gentleman, en ne lâchant que les chiens de son ironie – et elle est grande chez les hommes du monde.
Dans le rôle central de l’ami et du narrateur, Thomas Le Douarec est parfaitement british : il goûte tous les mots, il fait goûter toutes les formules. Fabrice Scott interprète plusieurs personnages avec un sens juste et modéré du romanesque. Quant aux autres acteurs, il est difficile d’en parler, car ils sont joués par des comédiens différents d’un soir à l’autre. Nous avons vu dans le rôle de Dorian Gray un excellent Valentin de Carbonnières, exprimant un bonheur de vivre qui voile des mystères intérieur (mais Arnaud Denis assure ce rôle en alternance). Dans les rôles de la chanteuse et d’autres personnages épisodiques, Caroline Devismes est joliment explosive (mais le rôle est tenu par Lucile Marquis à d’autres représentations). Quels que soient les interprètes, le spectacle garde certainement son style très tenu. Alors que tant d’adaptations souffrent de conserver un langage trop littéraire, c’est la nature littéraire – l’accord entre théâtre littérature, le respect passionné du langage – qui fait la vertu de cette belle soirée.

Le Portrait de Dorian Gray d’après Oscar Wilde, adaptation et mise en scène de Thomas Le Douarec, musique et direction musicale de Mehdi Bourayou, paroles de la chanson de Thomas Le Douarec, lumières de Stéphane Balny, décor et costumes de José Gomez d’après les dessins de Frédéric Pineau, avec Arnaud Denis (en alternance avec Valentin de Carbonières, Lucile Marquis (ou Caroline Devismes), Thomas Le Douarec.

Lucernaire, tél. : 01 45 44 57 34. (Durée : 1 h 35).

Photo Laurencine Lot.

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