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Critiques / Théâtre

Le Misanthrope de Molière

par Gilles Costaz

Guerre sensuelle

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Attention, compagnie explosive. L’équipe de Kobal’t s’empare du Misanthrope à sa façon, qui est physique, sans costumes d’époque (hormis un pourpoint, qui est là comme un simple clin d’œil) et dans l’empoignade. Les personnages s’aiment et se rejettent dans la frénésie : baisers sur la bouche, coups de poings ! Pas de décor, juste, placés dans un angle, les boissons et les amuse-gueule d’une soirée d’aujourd’hui. Alceste porte des jeans et Célimène un haut de soie noire. Autour d’eux, on rit furieusement. C’est la guerre sociale et amoureuse !
Le texte est un peu abrégé et complété de mots d’aujourd’hui (« Je vais changer la musique », dit Eliante quand elle part tapoter sur l’ordinateur). L’on y a même introduit quelques considérations sur le théâtre d’aujourd’hui. Du rock éclate et Philinthe se déchaîne comme en boîte. Alceste termine son combat nu comme un ver et se rhabille comme un boxeur vaincu.
Dans cette mise en scène rageuse, drôle, inspirée, électrique de Thibault Perrenoud, on va de surprise en surprise (Arsinoé arrive avec un vieux vélo, triste baba-cool). Marc Arnaud et Aurore Paris sont d’une merveilleuse et intelligente présence sensuelle. Leurs partenaires ont assez d’humour pour le déployer sans le montrer. Voilà une belle bousculade des académismes ! Attention Kobal’t !

Le Misanthrope de Molière, mise en scène de Thibault Perrenoud, dramaturgie d’Alice Zeniter, scénographie de Jean Perrenoud, lumière de Xavier Duttu, avec Marc Arnaud, Mathieu Boiliveau, , Chloé Chevalier, Caroline Gonin, Eric Jakobiak, Guillaume Motte, Aurore Paris, Thibault Perrenoud.

Théâtre de la Bastille, tél. : 01 43 57 42 14, jusqu’au 20 décembre. Puis en tournée.

Photo Alice Colomer.

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