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Critiques / Théâtre

Le Mariage de Figaro de Beaumarchais

par Gilles Costaz

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Un Mariage de Figaro chasse l’autre. Après celui du théâtre 14, mis en scène par Jean-Paul Tribout, voici celui du Ranelagh, mis en scène par Vincent Caire. Les deux démarches divergent. Le Figaro de Tribout visait à la dimension du tableau social, celui de Caire s’amuse des situations, cherche le burlesque et ne s’embarrasse guère de la vérité des sentiments. C’est bien l’histoire d’un domestique employé chez un comte qui veut exercer son droit de cuissage sur la jeune femme du serviteur mais perd sur tous les tableaux, berné qu’il est par la rusée Suzanne, le malin Figaro et la gentille comtesse. Mais les évolutions psychiques et la charge politique – c’est un coup de canon contre le aristos – comptent moins que les incidents de parcours traités comme des gags très visuels.
Un décor très ingénieux, avec portes, fenêtres, possibilités de transformations. Des costumes très colorés. On est un peu dans le climat de films comme La Folie des grandeurs de Gérard Oury avec Louis de Funès. C’est un peu irritant au début. Il manque de l’épaisseur, par exemple, dans le personnage du comte Almaviva joué pourtant avec une sacrée santé par Damien Coden. Mais cet agacement est erroné, se relativise quand l’efficacité comique de la mise en scène prend toute sa puissance. Car, si on perd un peu de l’ampleur de la pièce, de sa mise en lumière du XVIIIe siècle, on est emporté par la gaieté d’un jeu qui n’a peur de rien et, utilisant les accessoires les plus simples, représente de manière très heureuse les quiproquos, les malentendus et les prises de bec. Gaël Colin est un Figaro d’aujourd’hui, détaché, qui rirait de tout comme un Edouard Baer. Elodie Colin est une Suzanne au style populaire et d’une allégresse contagieuse. Karine Tabet est une comtesse attachante (le personnage le plus sensible d’un spectacle plus rieur que tourné vers l’émotion). Cédric Miele est un drôle de Chérubin : un gros poupon ! On peut découvrir la pièce avec cette équipe, qui la sert à sa façon, drôle et talentueuse.

Le Mariage de Figaro de Beaumarchais, mise en scène de Vincent Caire, par la compagnie Les Nomadesques, décor de Nicolas Cassonnet et Caroline Rossignol, costumes de Corinne Rossi, lumières de Lou-Anne Lapierre, avec Auguste Bruneau ou Vincent Caire, Franck Cadoux, Damien Coden, Elodie Colin, Gaël Colin, Cédric Miele et Karine Tabet.

Ranelagh, 19 h, tél. : 01 42 88 64 44, jusqu’au 19 avril. (Durée : 1 h 35).

Photo Charles Spillemaecker.

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