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Critiques / Théâtre

Le Lien d’Amanda Sthers

par Gilles Costaz

Consommation de l’inceste

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Comme les auteurs savent souvent bien parler de leur petite création ! De sa nouvelle pièce Amanda Sthers dit qu’elle est « un tango trouble et dérangeant », avant d’ajouter, évoquant le travail d’équipe : « Cette pièce est une histoire d’amour théâtrale accomplie, c’est-à-dire une mise à mort ». Quant au metteur en scène, Gérard Gélas, il déclare de son côté : « Cette pièce est en effet la peau retournée de l’amour. Un mouvement rapproche les êtres jusqu’à la fusion, pour les abandonner jusqu’à la fusion, pour les abandonner ensuite pantelants, et plus seuls encore. » On eût bien aimé voir tout cela sur la petite scène des Petits Mathurins et respirer le parfum de scandale annoncé. Pensez : deux êtres qui se découvrent frère et sœur – ou plutôt demi-frère et demi-sœur – après la mort de leur père et ne résistent pas à une attraction-répulsion qui les mène à consommer l’inceste devant nous ! Quelle audace !
Seulement, sur la scène, il n’y a qu’habileté et savoir-faire. Rien de brûlant dans cette écriture qui confond l’authenticité et la rouerie. Ce qui gâche tout, c’est le scénario, la trame : on attend une histoire de pur désir et l’auteur nous mêle tout cela avec des questions de lutte pour l’héritage. Amanda Sthers se croit ravageuse avec la bourgeoisie alors qu’elle embourgeoise pesamment son style. Mais il y a quand même un certain brio, des sensations bien attrapées, qui permettent à Gélas de dessiner une mise en scène épurée dans une obscurité d’où se détachent deux êtres et des cubes lumineux qui s’assembleront pour former le lit du délit. Stanislas Mehrar sait jouer la tension sous la décontraction. Chloé Lambert trace la passion brisant les lignes de défense. Ce qui ne sauve pas ce mini-drame de son mini-souffle.

Le Lien d’Amanda Sthers, mise en scène de Gérard Gélas. (Les documents ne portent aucune mention sur le décor et les lumières). Avec Chloé Lambert et Stanislas Merhar. Théâtre des Mathurins, tél. : 01 42 65 90 00. (Durée : 1 h 10).
© Emanuel Scorcelletti

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