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Critiques / Théâtre

Le Lauréat de Terry Johnson

par Gilles Costaz

Une liaison dangereuse

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Le film de Mike Nichols, Le Lauréat, est connu de la génération qui a vécu les années 60-70 et des cinéphiles. En 1968, ses interprètes, Dustin Hoffman et Anne Bancroft, n’eurent pas d’Oscar, mais Nichols décrocha celui du meilleur réalisateur, et le retentissement fut énorme. Le sujet était brûlant et, d’une certaine façon, le reste encore. Un jeune homme de bonne famille, lauréat d’un concours très sélectif, s’ennuie quelque peu pendant les mois qui précèdent son entrée dans une grande université de Californie. Il a 21 ans et se laisse séduire par une femme de 50 ans, une amie de ses parents. Le couple s’offre du plaisir à l’hôtel mais le scandale leur tombe dessus quand leur secret est dévoilé et quand il est question de marier le jeune étudiant à la fille de sa séductrice. Le « lauréat » rompt avec son initiatrice au plaisir, comprend que l’amour, c’est sans doute autre chose mais, traité comme un pécheur voué au diable par son entourage, ne sait comment s’extirper de cette situation où tous l’accusent, des parents à la maîtresse abandonnée. Cette passade était une liaison dangereuse.
Le texte théâtral qui nous est proposé est, malheureusement, du bricolage. Quand on passe d’un film lui-même tiré d’un roman à une adaptation fabriquée par un professionnel anglais de l’écriture lui-même adapté par un chirurgien du style à la française, cela donne rarement une pièce digne de ce nom. Dans la seconde partie du spectacle, il y a quelques vraies scènes, mais la première moitié est plutôt faite de flashes qui donnent une sensation de vide. La mise en scène de Stéphane Cottin utilise une tournette et des vidéos avec habileté ; elle a de la rapidité et une sorte de sincérité que partagent les acteurs principaux : Arthur Fenwick, d’une fièvre et d’un trouble très touchants, Anne Parillaud, qui fait vibrer le secret et la blessure sous la dureté, Adèle Bernier, attachante fleur de campus. Pour les autres, Marc Fayet, Françoise Lépine, Jean-Michel Lhami, la partition est un peu sèche : ils l’assurent dans la précision, avec la nervosité en usage dans les comédies grand public. Le tout se regarde sans passion et sans déplaisir.

Le Lauréat de Terry Johnson d’après le scénario de Calder Willingham et Buck Henry tiré du roman de Charles Web, version française de Christopher Thompson, mise en scène de Stéphane Cottin, décor de Catherine Bluwal et Stéphane Cottin, costumes de Chouchane Abello-Tcherpachian, lumières de Marie-Hélène Pinon, vidéo de Léonard, avec Anne Parillaud, Arthur Fenwick, Marc Fayet, Françoise Lépine, Jean-Michel Lahmi, Adèle Bernier.

Théâtre Montparnasse, tél. : 01 43 22 77 74. (Durée : 1 h 45). Texte à L’Avant-Scène Théâtre.

Photo JStey.

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