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Critiques / Théâtre

Le Crime de l’orpheline d’Andrieu, Obé et Brocard

par Gilles Costaz

Du théâtre muet chantant !

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Musiciens et chanteurs accomplis, Florence Andrieu et Flannan Obé ont en commun le goût du sang ! Ils aiment revenir à l’esprit du Grand-Guignol, quand des flots d’hémoglobine et l’éclat des lames tranchantes donnaient des frissons au public populaire de Paris. Mais, on l’a deviné, ils le font pour rire. Ils pratiquent le genre inquiétant avec un deuxième degré très blagueur. Après L’Envers du décor, ils ont écrit et jouent ensemble une deuxième pièce, Le Crime de l’orpheline, dont la musique a été composée à nouveau par Philippe Brocard. Leur scénario rejoint les mélos les plus échevelés. Logée dans une mansarde, une orpheline est éprise d’un charmant et pauvre garçon qui lui fait signe depuis la rue mais désirée par un jeune homme sans scrupules. Comment faire ? Comment s’en sortir alors que des gens troubles surgissent ça et là et que les truands vous assassinent le premier venu sans le moindre signe de croix ?
Le décor est de tout de guingois, avec table et chaises distordues dans l’espace. La parodie est, en effet, en jeu à tous les étages. Le compositeur, Philippe Brocard, est lui-même au piano pour lancer fébrilement ses notes frémissantes et terrifiantes ! Les acteurs ont opté pour la gestuelle et le maquillage du cinéma muet. Ce qui est assez paradoxal car, s’ils ne parlent pas, ils chantent ! Mais cela souligne l’aspect facétieux de l’entreprise. C’est du théâtre muet chanté ! Flannan Obé et Florence Andrieux sont d’ailleurs particulièrement brillants quand ils passent à l’avant-scène et échangent des couplets pathétiques. Tout au long de la soirée, ils se changent pour figurer huit personnages différents. Ces exploits sont le sel d’un spectacle un peu mince qui se regarde avec plaisir et détachement.

Le Crime de l’orpheline de Florence Andrieu, Flannan Obé et Philippe Brocard, mise en scène de Philippe Lelièvre, décor de Casilda Desazars, lumière de Philippe Sazerat, costumes d’Eymeric François, avec Florence Andrieu et Flannan Obé. Au piano Philippe Brocard ou Delphine Dussaux.

Le Ranelagh, tél. : 01 42 88 64 44, jusqu’au 18 juin. (Durée : 1 h 15).

Photo Marie-Clémence David.

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