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Le Chant des oliviers de Marilyne Bal

par Gilles Costaz

Le combat des chefs (de cuisine)

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Ancien restaurateur, Jacques vit seul dans une maison du Midi, qui appartient à son adorable filleule. Il fait de la cuisine pour lui-même, de la bonne cuisine provençale, et il pourrait écouter chanter les branches d’olivier longtemps, si la filleule ne revenait un jour avec un futur mari. Ce jeune homme est aussi cuisinier, mais de l’école « moléculaire », hostile aux plats gras et lourds, partisan d’une nourriture scientifiquement allégée. Dans cette façon différente d’appréhender son métier, il y a déjà de quoi mettre le feu aux poudres, mais il y a plus grave : le jeune couple veut vendre la maison pour financer l’achat du restaurant qu’ils veulent créer ensemble. Le vieux Jacques va se retrouver jeté à la rue et sans d’autre perspective qu’une pitoyable fin de vie. Ces jeunes gens sont bien inconscients, ce vieux chef est bien trop bourru...
Tout s’arrangera, puisque l’on est dans une comédie, la première comédie de Marilyne Bal qui s’est laissé porter par son sujet, sans prendre trop de temps à le construire. L’histoire, avec son lourd secret, se noue et se dénoue en quatre coups de cuillère à pot. Les dialogues sont fruités, mais l’évolution des relations est prévisible comme le beau temps en été ou la neige en hiver. L’équipe s’est cependant pleinement impliquée dans cette aventure aux rebondissements minimaux. La mise en scène d’Anne Bouvier gradue bien la tension qui se met en place et donne aux acteurs les moyens d’une plaisante efficacité. Jean-Claude Dreyfus, d’une présence surdimensionnée, atteint là à une présence pagnolesque. Julia Duchaussoy déploie le charme et la vivacité qui définissent son personnage, Frédéric Quiring sait être en retrait ou en relief selon les moments. On les regarde comme on prend le menu le plus abordable, en appréciant les saveurs et en sachant qu’une pièce aussi hâtivement jetée dans la poêle n’aura pas d’étoiles au Michelin.

Le Chant des oliviers de Marilyne Bal, mise en scène d’Anne Bouvier, décor de Sophie Jacob, costumes d’Emilie Sornique, musique d’Hervé Devolder, lumières de Denis Koransky, avec Jean-Claude Dreyfus, Julia Duchaussoy, Frédéric Quiring.

Le Splendid, 19 h, tél. : 01 42 08 21 93. (Durée : 1 h 15).

Photo A. Chappini.

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