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Critiques / Théâtre

Le 6ème continent de Daniel Pennac

par Gilles Costaz

Fable écolo

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Fasciné par le théâtre, Daniel Pennac a déjà abordé la scène en jouant lui-même son texte Merci. Avec un courage rare, il interprète lui-même son dernier livre, Journal d’un corps, ou du moins de larges extraits. Mais il se jette aussi à corps perdu dans l’écriture théâtrale avec Le 6e Continent, une sorte de fable écologiste que l’auteur appelle un « drame familialo-planétaire en trente mouvements » ou bien « l’opéra de nos gadoues ». Une famille se distingue par sa passion de la propreté. C’est un peu normal : elle fait le commerce du savon. Mais, peu à peu, en toute inconscience, en jetant tout ce dont elle ne veut plus, elle participe à la pollution de la planète. Ainsi se forme le sixième continent, l’endroit où s’agglomèrent tous les déchets de l’humanité. A la fin des trente scènes, il n’y a plus qu’un homme nu, parmi les plastiques et autres ordures composant un appendice de notre monde…

Le projet est pertinent et la façon joyeuse dont Pennac le traite sympathique. Mais le spectacle de Lilo Baur – à laquelle on doit de très bons spectacles, tels que Le Mariage de Gogol au Vieux-Colombier il y a deux ans – manque de clarté et de rythme. Pennac dit n’avoir écrit qu’un livret, à partir duquel les acteurs ont improvisé deux années durant en accord avec Lilo Baur. Peut-être ne parlent-ils pas tous assez bien le français, peut-être s’amusent-ils trop, ou, au contraire, peut-être ne s’amusent-ils pas assez. Mais on reste assez étranger à cette vision qui réussit mal son passage d’un début réaliste à une conclusion futuriste.

Le 6e Continent de Daniel Pennac, mise en scène de Lilo Baur, collaboration artistique de Clara Bauer, décors d’Oria Puppo, lumières de Philippe Vialatte, costumes d’Agnès Falque, musique de Mich Ochowiak, avec Ludovic Chazaud, Claudia De Serpa Soares, Mich Ochowiak, Hélène Patarot, Kostas Philippoglou, William Purefoy et Ximo Solano. Bouffes du Nord, tél. : 01 46 07 34 50, jusqu’au 10 novembre, 21H (à 19 h, Daniel Pennac joue son Journal d’un corps). Durée : 1 h 30. Texte chez Gallimard, précédé d’un « monologue gesticulatoire », Ancien Malade des hôpitaux de Paris.

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