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La rentrée lyrique parisienne

par Caroline Alexander

Un début de saison en eaux calmes avec quelques jolies vagues

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La rentrée lyrique parisienne, fidèle à elle-même, se fait sans secousses, à petits pas. A l’Opéra National de Paris, la première grande nouveauté sera la réhabilitation place de la Bastille du grand escalier menant au foyer de l’Opéra, ce grand escalier souvent squatté par des gugusses munis de cannettes de bière qui devront sans doute faire place nette pour libérer le passage. Côté programme là-bas comme à Garnier, les reprises alterneront avec les nouvelles productions.

Le coup d’envoi sera donné jeudi 8 septembre avec cette Salomé de Richard Strauss dont André Engel signa la mise en scène intimiste en 1994. Pinchas Steinberg sera dans la fosse et le rôle titre sera défendu par la magnifique Angela Denoke : Une première parisienne pour elle mais pas pour le rôle, ce personnage sulfureux qui lui valut en Allemagne le prestigieux prix « Der Faust » (jusqu’au 30 septembre à Bastille). Autre reprise à partir du 10 septembre La Clémence de Titus de Mozart dans la version de Willy Decker l’un des ancêtres venu d’outre Rhin des mises en scènes rénovées, familier depuis longtemps de la maison parisienne où il signa déjà cinq mises en scène. Avec Adam Fischer à la baguette et une jolie distribution dont Klaus Florian Vogt, Stéphanie d’Oustrac et Amel-Djelloul (jusqu’au 8 octobre au Palais Garnier). Le même Willy Decker sera à l’affiche pour la reprise de Lulu d’Alban Berg, superbe réalisation qui sera dirigée par Michael Schönwandt avec Laura Aikin dans le rôle titre et Vincent Le Texier en Schön et Jack (du 18 octobre au 5 novembre à Bastille)

La première nouvelle production prendra son envol mephistophélique le 22 septembre : Faust de Gounod sera porté par la voix et le charisme de Roberto Alagna tandis que pour le chef Alain Lombard et le metteur en scène Jean-Louis Martinoty, ce sera un retour au bercail après, pour l’un comme pour l’autre, une éclipse de 23 ans (jusqu’au 25 octobre à Bastille).

Sept nouvelles productions, une création mondiale

Au total, sept nouvelles productions s’étageront tout au long de la saison depuis ce Faust jusqu’à Arabella de Richard Strauss (du 14 juin au 10 juillet à Bastille) en passant par La Force du Destin de Verdi (du 14 novembre au 17 décembre à Bastille) une nouvelle Manon de Massenet (du 10 janvier au 13 février à Bastille) et les inséparables Cavalliera Rusticana et Pagliacci de Mascagni et Leoncavallo revus par Giancarlo del Monaco sous la direction de Daniel Oren (du 13 avril au 11 mai à Bastille). Il y a les vraies nouvelles productions des classiques du répertoire, comme celles citées, mais aussi et surtout celle de la création mondiale d’une commande maison, la mise en opéra par Philippe Fénelon de La Cerisaie d’Anton Tchékhov qui sera réalisée par Georges Lavaudant et dirigée par Tito Ceccherini (du 27 janvier au 13 février au Palais Garnier).

Puis les nouvelles productions qui n’en sont pas vraiment tel cet Hippolyte et Aricie de Rameau dont la mise en scène d’Ivan Alexandre et l’interprétation musicale par le Concert d’Astrée d’Emmanuelle Haïm avait triomphé à Toulouse quand Nicolas Joël en était encore le directeur (du 9 juin au 9 juillet au Palais Garnier- voir webthea du 9 mars 2009). Ou encore la résurrection de certaines productions de légende comme cette Cenerentola de Rossini créée autrefois par le grand et regretté Jean-Pierre Ponnelle (du 26 novembre au 17 décembre au Palais Garnier)
08 92 89 90 90 – www.operadeparis.fr

Politique polychrome au Châtelet

Pour les autres hauts lieux du lyrique parisien, il faudra patienter. Pour la sixième saison qu’il pilote au Châtelet, Jean-Luc Choplin a opté pour le thème des « frontières » en restant fidèle à sa politique polychrome, folk, swing, classique traditionnel ou revu et corrigé au gré des modes. Démarrage le 23 septembre avec le premier opéra « mariachi » (d’origine mexicaine) jamais composé Cruzar la Cara de la Luna de José « Pepe » Martinez pour la musique et Leonard Foglia pour le livret, la mise en scène et les décors (jusqu’au 27 septembre). Tanguera, comédie musicale de tango argentin prendra la suite (du 15 octobre au 2 novembre) avant la reprise de la triomphale Mélodie du Bonheur/The Sound of Music de Rogers et Hammerstein à voir ou à revoir du 7 décembre au 1er janvier. Il y aura des tambours japonais (Kodo), Haydn trempé dans la culture pop (Orlando Paladino), tout comme Monteverdi avec un Couronnement de Poppée rebaptisé POP’PEA et aussi John Adams et son fameux Nixon in China. (01 40 28 28 40 – www.chatelet-theatre.com).

Un petit air d’Italie au Théâtre des Champs Elysées

Au Théâtre des Champs Elysées, Michel Franck lance sa deuxième saison avec une série d’oratorios et d’opéras en version de concerts : Les Capulet et les Montaigu de Bellini entame la série avec notamment la sublime Anna Caterina Antonacci qui chantera sous la direction d’Evelino Pido (le 11 novembre). Beethoven (Missa Solemnis), Verdi (Oberto) Haendel (Jules César) suivront avant le coup d’envoi des opéras en version scénique. Quatre au total, avec pour débuter le conte philosophique testament de Mozart cette Flûte Enchantée qui n’en finit pas de faire rêver les petits et réfléchir les grands. Laurent Pelly sera aux commandes pour la mise en scène et les costumes, Jean-Christophe Spinosi dirigera son ensemble Matheus (du 16 au 26 décembre). Donizetti (Don Pasquale), Cavalli par William Christie (La Didone) et, point d’orgue du Festival Mozart, Cosi fan tutte confié à Jérémie Rohrer et Eric Genovèse. Des orchestres, des concerts, des stars de la baguette, des claviers et du chant se succèderont tout au long de la saison. (01 49 52 50 50 www.theatrechampselysees.fr)

Les perles oubliées de l’Opéra Comique

Pour les régals de l’Opéra Comique il faudra attendre l’an neuf pour que s’achève quelques ultimes travaux de rénovation. Recréation de perles oubliées du répertoire comme cet Amadis de Gaule, tragédie lyrique de Jean-Chrétien Bach que dirigera Jérémie Rohrer dans une mise en scène de l’ancien administrateur général de la Comédie Française Marcel Bozonnet (du 2 au 8 janvier). Egisto de Cavalli par Vincent Dumestre et Benjamin Lazar (du 1er au 9 février), La Muette de Portici d’Auber dont la première à la Monnaie de Bruxelles – qui coproduit le spectacle - fut à l’origine de l’indépendance du Royaume de Belgique. Patrick Davin dirigera l’orchestre et le cœur du Théâtre Royal de La Monnaie (du 5 au 15 avril). Re Orso de Marco Stoppa (du 19 au 22 mai) et Les Pêcheurs de Perles de Bizet (du 18 au 28 juin) clôtureront le cycle des nouveautés tandis que la reprise attendue de l’enchanteur Dido and Aeneas de Purcell par William Christie et Deborah Warner fera des heureux et des envieux (du 5 au 8 mars – voir webthea du 5 décembre 2008). Sans oublier « les rumeurs » chères au directeur Jérôme Deschamps qui rassemblent concerts par les plus fins spécialistes comme Tom Koopman, des débats et du cinéma (085 01 01 23 www.opera-comique.com )

Un opéra bouffe tumultueux au Théâtre du Rond Point

Mais l’engouement pour le lyrique a contaminé des théâtres qui ne se croyaient pas destinés à le produire. Dernier arrivé, le Théâtre du Rond Point, fourmilière de créations théâtrales, affiche dès le 7 septembre, en grande première coproduite par l’Opéra National du Rhin et la participation du Châtelet, un « opéra bouffe tumultueux » dont l’auteur et le metteur en scène est le patron de la maison Jean-Michel Ribes : René, l’énervé pour lequel Reinhardt Wagner a composé une partition sur mesures et démesures (jusqu’au 29 octobre - 01 44 95 98 21 – www.theatredurondpoint.fr ).

Le Ring en trois jours et neuf heures de musique

Prouesse à la Cité de la Musique qui programme en trois jours le prologue et les trois journées de l’Anneau du Nibelungen, l’illustre Tétralogie wagnérienne qui fait courir les foules. Forme inédite ou iconoclaste ? Ce sera selon les goûts : les seize heures de musique originale ont été ramenées à neuf et l’orchestre réduit à 18 musiciens. C’est l’Ensemble Casa da Musica sous la direction de Peter Rundel qui a opéré le rétrécissement et qui en exécute le résultat. Antoine Gindt signe la mise en scène, Elise Capdenat la scénographie (vendredi 7 octobre à 20h, samedi 8 à 14h et 20h, dimanche 9 à 16h30 – 01 44 84 44 84 – www.citedelamusique.fr – puis en tournée)

Principes d’alternances

Aux Bouffes du Nord :l’éclectisme joue sur l’alternance entre théâtre et
musique : Pascal Dusapin mettra en sons et en scène des poèmes de Nietzsche sous le titre O Mensch (15-19 nov.), André Engel montera Katia Kabanova de Janacek (17 janvier-4 février) Heiner Goebbels jouera et mettra en scène Max Black, l’une de ses dernières œuvres avec André Wilms, complice de longue date (14-19 février), Denis Podalydes et Christophe Coin mêleront musique et comédie avec Le Bourgeois Gentilhomme de Molière et Lully (19 juin – 21 juillet) – 01 46 07 34 50 – www.bouffesdunord.com

Sur le même principe d’alternance depuis longtemps rodé avec succès, l’Athénée-Louis Jouvet lancera sa pratique musicale avec Le Tour d’Ecrou de Benjamin Britten par Jean-Luc Tingaud et son orchestre OstinatO (du 13 au 16 octobre). Ce quasi classique sera immédiatement suivi par une œuvre rarissime pour ne pas dire quasi inconnue L’Egisto de Mazzocchi et Marazzoli, premier opéra bouffe de l’histoire de la musique créé en 1646 à la demande de Mazarin. Il sera ressuscité par Jérôme Corréas et ses Paladins. Le spectacle créé au Festival Baroque de Pontoise partira ensuite en tournée en région parisienne et Ile de France (29 septembre-2 octobre à Pontoise -19-23 octobre à l’Athénée) avant une tournée en région parisienne. En attendant décembre et le désormais rendez-vous annuel de la compagnie des Brigands qui, pour les fêtes, jetteront leur dévolu rieur sur La Botte secrète de Claude Terrasse et Franc Nohain (du 16 décembre au 8 janvier) –01 53 05 19 19 – www.athenee-theatre.com

Pour la quarantième édition du Festival d’Automne désormais dirigé par Emmanuel Demarcy-Mota, le directeur du Théâtre de la Ville, le secteur musique reste animé par l’infatigable Joséphine Markovits. Pas d’opéra au programme, mais de Boulez à John Cage, en passant par Hindemith, Olga Neuwirth ou Mark André, les musiques de notre temps occuperont le terrain et les fosses aux côtés d’un programme dédié au Mexique et à ses diverses formes musicales, traditionnelles, populaires, de salon ou d’aujourd’hui. (du 15 septembre au 31 décembre – 01 53 45 17 17 – www.festival-automne.com

Crédit Photo : Opéra de Paris

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