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Critiques / Comédie & Humour

La Précaution Inutile ou Le Barbier de Séville de Beaumarchais

par Marie-Laure Atinault

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La nouvelle mise en scène de Laurent Hatat, artiste en résidence au Théâtre du Nord de Lille fait frémir la résille traditionnelle de Figaro !!!!

Laurent Hatat a bien fait de mettre en avant le sous titre (La Précaution inutile) de la pièce de Beaumarchais « Le Barbier de Séville », il tourne résolument le dos à toutes les conventions de mise en scène et de costume pour cette vision moderne de cette comédie.
Certains esprits chagrins pourront lui reprocher d’être trop dans une certaine facilité, il n’en demeure pas moins que le spectacle fonctionne à merveille.
Dès le début les dés sont jetés, une moto est le fier destrier du Comte Almaviva (Denis Eyriey). Laurent Hatat place son petit monde dans un espace temps où les années 1960 et 2010 sont mixées. Il n’hésite pas à utiliser une fenêtre, la fameuse jalousie où la pauvre Rosine peut prendre l’air, qui bouge dans les airs au gré de l’intrigue. La situation géographique de la fenêtre volante ponctue l’évolution des péripéties amoureuses. Ces effets spéciaux sont réussis et donne un cachet particulier au travail scénographique.
Les classiques ont cette force extraordinaire qui est que l’on croit les connaître et grâce à une nouvelle mise en scène, on découvre des répliques qui sonnent différemment, révélant certain personnage, ainsi le Prince Charmant, Almaviva dévoile son caractère post-mariage ! Beaumarchais a dû beaucoup lire Molière, dans son Barbier il y a de « L’école des femmes », il utilise le même canevas ou le barbon veut épouser sa jeune pupille. On retrouve la leçon de musique, ou l’amoureux prend la place du professeur de musique utilisée par Molière dans « le Malade imaginaire » et que Feydeau utilisa dans « Un fil à la patte ». Procédé efficace qui permet aux comédiens de nous faire rire aux dépens de Bartholo ! Figaro interprété par Azeddine Benamara, que l’on avait tant apprécié dans « Nathan le sage » semble pressé de se débarrasser de son texte, il prendra enfin le ton de son personnage dans la scène de la barbe. Plus pressé que virevoltant il oublie ce qui est l’apanage de Figaro, son insolence, mais nous ne doutons pas qu’il s’agissait juste d’une mise au point à faire. La jeune Victoria Quesnel est une révélation. Elle compose une Rosine fraîche, fine. Daniel Delabesse habite le plateau, il est un Bartholo puissant et terrible. Son autorité et sa maitrise en barbon sont le contre point dans ce spectacle enlevé et alerte.

La précaution inutile ou le Barbier de Séville de Beaumarchais
Mise en scène de Laurent Hatat
Avec Azeddine Benamara, Mounya Boudiaf, Olivier Brabant, Daniel Delabesse, Denis Eyriey, Julien Gosselin, Victoria Quesnel
Jusqu’au 5 février au Théâtre du Nord à Lille
En tournée Espace Culturel le Parc Ribeauvillé le 27 Février
Théâtre Jean Arp Clamart du 16 au 27 mars

Photos : Eric Legrand

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