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Critiques / Théâtre

La Maison des hommes de Jacques Guimet

par Gilles Costaz

Le duo des hommes de pouvoir

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Souvent joué dans les années 80, Jacques Guimet avait un peu disparu de nos écrans. Ce n’est pas un auteur facile ! Cela explique donc cela. Mais Alain Bonneval a l’audace de mettre en scène un texte ancien que l’auteur a réécrit pour lui, car Guimet y a intégré la présence (menaçante) de l’ordinateur. Dans ce qui est appelé « la Maison des hommes », deux personnages débattent, se battent, s’ébattent. On ne sait pas très bien. On ne sait d’ailleurs pas qui ils sont ni quelle relation les unit. Ils disent avoir une connivence de frères mais l’un des deux, Georges, est plus âgé que l’autre, Guerg. Ils pourraient être maître et disciple, père et fils, parrain et filleul dans une association secrète… Seul, le pouvoir les intéresse. Ils se souviennent des traîtrises qu’ils ont eues, des vilénies qu’ils ont perpétrées. Ils se complimentent ou s’accablent de reproches. Un seul devrait survivre mais le combat pour le pouvoir peut réserver des surprises totalement inattendues.
C’est un texte difficile avec la beauté des textes malaisés des écrivains sans concession. La langue est imagée, concise mais non sèche, avec des éclairs et des formules troublantes. Alain met en scène la pièce d’une manière tout à fait dépouillée. Il n’y sur le plateau qu’un petit bureau, deux chaises, pas mal d’obscurité. Et le jeu se passe parfois au sol. Les deux personnages sont en costume cravate : ils s’habillent de la même façon, ils sortent du même moule mais ils ne se ressemblent pas. Alain Bonneval, dans le rôle de Georges, joue l’homme d’expérience, dur, sonore, dogmatique. Matthieu Milesi, dans le rôle de Guerg, lui oppose la jeunesse, un jeu plus en retrait, mais autant de ténacité. Leur duo est étrange, comme l’est la pièce. C’est le monde cruel d’aujourd’hui revu par un poète qui délaisse la réalité pour l’au-delà du miroir. La prestation des deux comédiens est fascinante : elle est le meilleur moyen de saluer un auteur important que nous n’avons pas le droit d’oublier, Jacques Guimet.

La Maison des hommes ou l’Antichambre du pouvoir de Jacques Guimet, mise en scène d’Alain Bonneval, régie de Geneviève Bonneval, avec Alain Bonneval, Matthieu Milesi.

Théâtre du Nord-Ouest, les 15 juin à 19h,
mardi 21 juin à 19h,
mardi 28 juin à 19h, tél. : 01 47 70 32 75. Puis à Avignon, au Théâtre de l’Alibi - 27, rue des Teinturiers
du 7 au 30 juillet 2016, à 19h15. (Durée : 1 h 05).

Photo Chloé Bazaud.

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