Accueil > La Femme de sa vie d’Andrew Payne

Critiques / Théâtre

La Femme de sa vie d’Andrew Payne

par Gilles Costaz

AVIGNON OFF - Intrusion de l’amour dans un coeur froid

Partager l'article :
Version imprimable de cet article Version imprimable

L’homme qui parle dans le confort d’un salon élégant, debout ou assis sur un beau canapé vert, a de l’allure. On lui donnerait le bon Dieu sans confession, ou presque. D’ailleurs, il professe un certain art de vivre : les belles fringues, le respect de la parole donnée, la nécessité de lire les grands auteurs (il adore Dostoïevski). Mais, au fil des phrases, tout se trouble. Cet homme, parti de rien ou d’un échelon faible de la société, veut arriver. Il accomode donc sa morale aux nécessités. Il aime la bagarre, il peut aller loin dans le coup de poing. Quand une grande passion se met à lui brûler le cœur, comment va-t-il réagir, comment va se comporter la « femme de sa vie » qu’il connaît à peine et qu’il attend, trop solitaire, dans ce salon feutré ? L’amour est entré dans ce cœur froid, et tout peut arriver : la passion partagée, ou l’échec.
Robert Plagnol a plusieurs fois joué des pièces de l’auteur anglais Andrew Payne (Squash, Synopsis). Celui-ci vient de lui faire un cadeau exceptionnel : il a écrit pour lui ce texte, La Femme de ma vie. Plagnol l’a traduit lui-même, comme il l’avait fait pour les textes précédents, en trouvant la bonne cadence et la juste sécheresse. Gilles Bannier a dirigé le comédien dans une mise en scène partiellement immobile, où l’action se développe en cercles concentriques. Dans son interprétation, Plagnol tient une ligne mystérieuse, dessine un riche écheveau d’incertitudes derrière la raide certitude du personnage. Plus le dessin est net, plus l’ambiguïté s’amplifie. Et c’est l’ambiguïté de nos sociétés moralisatrices et fondamentalement immorales qui est magnifiquement pris au piège des mots et du jeu. Plagnol a la concentration des grands acteurs et des grands sportifs.

Avignon Off : La Femme de sa vie d’Andrew Payne, adaptation de Robert Plagnol, mise en scène de Gilles Bannier, scénograhie de Broo, lumières de Franck Thévenon, création sonore de Michel Winogradoff, muisque d’Amélie Nilles, costumes de Paul Smith, collaboration artistique de Roland Oberlin, avec Robert Plagnol.

Hôtel d’Europe, 18 h 45, tél. : 04 90 14 76 74. Durée : 1 h 20.

Photo DR.

Le Mur d'affiches


Visitez le Mur d'Affiches...

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.