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Critiques / Musique

LA DO RÉ etc…par le New Lyric Boys Band

par Caroline Alexander

Quand cinq zigotos mettent la musique dans de drôles d’éclats

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Quand le Curé de Camaret est chanté avec la ferveur d’un psaume de Bach et qu’une Sarabande de Haendel fait danser en hip hop quatre zigotos en complets vestons sur chemise blanche, on se dit que la musique marche sur la tête et qu’elle a bien raison de le faire. Car le plaisir de la dérision – bien chantée – est au rendez-vous et le rire garanti…

Ils sont quatre acolytes à chanter sur tous les tons, flanqués d’un cinquième compère vissé à un clavier numérique camouflé sous la structure en bois d’un faux piano droit. Une astuce qui donne l’impression d’un accompagnement ordinaire et qui, quand il le faut, se fait passer pour un orgue…

Tous sont musiciens issus du classique, deux ténors, deux barytons, un pianiste. Ils se sont rencontrés à Lyon, ont décidé d’unir leurs talents, leurs curiosités et leur envie d’en découdre avec leur métier. En s’amusant, en amusant… Ensemble ils créent le New Lyric Boys Band, dénomination à l’anglaise pour se fondre dans les rangs des variétés jazz, rap et tutti quanti.

Fabrice Maitre à la voix d’ange est un produit ès musiques anciennes, celles qui se réclament des répertoires baroque, Olivier Hernandez, l’autre voix légère a fait ses classes à Lyon et à Londres, Christophe de Biase et Olivier Naveau, les deux tessitures de baryton ont roulé leurs graves dans les répertoires classiques les plus divers, le second, pour mieux en rire, pousse même quelques aigus de contre-ténor…. Landry Chausson au piano a l’habitude d’accompagner chœurs et chanteurs du Studio de l’Opéra de Lyon et des Petits Chanteurs de Saint Marc.

Pam pam pam … le Te Deum de Marc-Antoine Charpentier s’égrène comme une marche militaire dansante… Les onomatopées brodent des textes à imaginer. Yesterday des Beatles est entonné comme une prière, Papageno bégaie sa Papagena avec des fourmis dans les jambes, le Zizi de Pierre Perret fait la niche à la Truite de Schubert. Casta Diva de Bellini est décidément inchantable, ils s’y cassent tous les cordes vocales, même le pianiste. La preuve par « contre ut » que tenter d’imiter la divine Callas est périlleux.

Quatre mètres carrés, un rideau noir pour la mise en scène de François Rollin où tout s’enchaîne comme sur un tapis roulant. Mozart salue Jean-Jacques Debout, Les Pêcheurs de Perles vont les harponner dans Star Wars. Dernière galéjade : le spectacle se donne dans un petit théâtre du secteur privé habituellement affecté aux divertissements de boulevard. Il dure à peine une heure et quinze minutes. On en redemande.

La Do Ré etc… par les pensionnaires du New Lyric Boys Band, Fabrice Maitre, Christophe de Biase, Olivier Hernandez, Olivier Naveau, Landry Chausson. Metteur en scène François Rollin.

Comédie Caumartin. Du mardi au samedi à 19h – 01 47 42 43 41

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