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Critiques / Théâtre

L’Affaire Courteline

par Gilles Costaz

Noirceur de la farce sociale

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Longtemps dans le peloton de tête des auteurs comiques incontournables, Courteline a peu à peu disparu de nos scènes. Bernard Mounier y revient et, en choisissant sept petites pièces, cherche à mettre en évidence tout son univers. Il organise la soirée en trois chapitres : la vie du couple, la vie des employés et l’administration judiciaire. Les acteurs, qui changent de rôle et de pièce sans prendre leur souffle, sont tous à vue autour d’une sorte d’hélice centrale sur laquelle viennent se greffer, selon les pièces, quelques éléments de décor. Bien que coloré et joliment rétro, le style de la troupe est plutôt noir. Pas de sentiment dans ces farces sociales. C’est l’apothéose de la bêtise et la sécheresse, ce que ne contredisent pas les aphorismes de Courteline proférés entre chaque saynète.
On ne s’ennuie pas, on rit beaucoup mais peut-être de moins en moins car, peu à peu, l’impression que Courteline est beaucoup moins drôle pour nous que pour nos ancêtres vient trotter dans nos têtes. Certains textes, comme Gros chagrins où deux femmes oublient leurs fureurs contre leurs maris à force de futilités, restent très joyeux. Mais, majoritairement, la vision de la femme a pris, comme l’écriture, un fichu coup de vieux. Le metteur en scène Bertrand Mounier le sent si bien qu’il a rajouté des chansons gaillardes – qui seraient peut-être plus justes chez Feydeau que chez Courteline. Tout est soigné, inventif dans le détail ; l’excellente Isabelle de Botton et ses partenaires ne se ménagent pas dans le jeu à-tout-va et sans détours. Le spectacle a de la santé mais sa force comique peine à passer du XXe au XXIe siècle.

L’Affaire Courteline : sept pièces de Georges Courteline, collaboration artistique de François Nambot, mise en scène de Bertrand Mounier, scénographie de Virginie H. de Bertrand Mounier, costumes de Virginie H., musique de Kahina Ouali , avec Isabelle de Botton, Salomé Villliers ou Raphaëlle Lemann, Etienne Launay, Pierre Hélie, Philippe Perrussel, Bertrand Mounier ou François Nambot.

Lucernaire, 19 h, tél. : 01 45 44 57 34. (Durée : 1 h 20).

Photo DR : Raphaëlle Lemann, Philippe Perrussel, Isabelle de Botton.

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