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Critiques / Rue & Cirque

Kori kori par la compagnie Oposito

par Gilles Costaz

Les maîtres du théâtre de rue

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Ils surgissent dans la foule massée autour de la rue. Ils portent tous un gros manteau blanc. Ils sont nombreux, une vingtaine. Ils portent chacun une haute chaise de métal gris. Cette chaise sera la scène de chacun. Ils la porteront comme on porte une banderole, un signe distinctif. Ils la poseront et sauteront dessus pour parler et chanter. Ils danseront la chaise dans les bras ou la chaise abandonnée sur le macadam. Ils finiront, debout sur leur chaise, pour un dernier chant. Sur la chaussée, ils effectuent un parcours, une série de scènes différentes. Ce n’est pas une armée, une troupe de mutant. Non, c’est un groupe joyeux, bariolé, explosif. Le public doit le suivre, car aucune scène n’a lieu au même endroit. Théâtre de rue, théâtre de mouvement dans la rue. A Paris, lorsque Kori kori a été représenté dans le cadre du festival « Onze bouge », la troupe parcourait le boulevard Voltaire de la République au carrefour de la mairie du XIe arrondissement. Les artistes avancent, le public fait de même.
Dans un langage imaginaire, « kori » veut dire chœur et cœur. Ces femmes et ces hommes, de différentes cultures, qui enlèvent un vêtement à chaque acte pour être dans de nouvelles apparences et de nouveaux gestes, sont un choeur où tout chante la fraternité. Les rythmes changent, les moments se suivent en cascades et en ruptures. Il n’y a pas d’histoire, juste une errance qui est une lutte pour la vie et pour l’harmonie entre les hommes. On rit, on crie, on lance sa voix douce ou sa voix chaude, on danse le tango ou une danse inconnue. Vous, les spectateurs, vous faites vraiment partie du jeu. Kori kori, c’est une marche en commun, avec des gens un peu plus fous que nous-mêmes.
Jean-Raymond Jacob et ses compagnons de création, Enrique Jimenez, Pascal le Guennec, ne sont pas des conteurs et des fabricants d’effets. Jacob a un langage qui se passe de narration, qui, pourtant, emporte et place sa compagnie, Oposito, au sommet des arts de la rue français. Sur le macadam, ses personnages semblent tombés du ciel, pour mieux emmener l’assistance dans un monde de beauté et sans démesure, puisque tout semble à la portée de chaque observateur, pour peu qu’il mette, qu’il élève son esprit et son corps sur la pointe des pieds et rejoigne la merveilleuse ligne de flottaison où évoluent les baladins d’Oposito.

Kori kori, conception de Jean-Raymond Jacob, Enrique Jimenez, Pascal Le Guennec, écriture et mise en scène de Jean-Raymond Jacob, scénographie d’Enrique Jimenez, direction d’acteurs et co-écriture de Pascal Le Guenec, musique de Michel Taïeb, chef de chœur : Jean-Philippe Dejussieu, chorégraphie de Nathalie Pernette, costumes d’Enrique Jimenez et Fabienne Desflèches, son de Patrick Woindrich, avec, comme acteurs, Vincent Bonnasseau, Lucien Brabec, Dov Cohen, Joss Costalat, Veronica Endo, Mathilde Etienne, Lisa Guerrero, Jean-Baptiste Lacour, Dorli Lamar, Yana Maizel, Stéphane Miquel, Mathilde Rance, Fabrice Taraud, Aïcha Touré, Gaëlle Vanoudenhoven, Arman Vossougui, Nicolas Wan Park, Laure Wernly, et, comme musiciens, Alexandre Leitao, Marc Pujol, Michel Schik, Michel Taieb.

En tournée : 20 juin, Les Invités de Villeurbanne. 21 juin, Bron.19 juillet, Annonay. 7-8 août, Hasselt, Belgique. 4-5 septembre, Tour Circus, La Défense. 13-14, Les Accroche-cœurs, Angers. (Durée : 1 h 30).

Photo Xavier Cantat.

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