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Interviews / Théâtre

Jean-Pierre Bodin

par Gilles Costaz

Les vingt ans du Banquet de la Sainte-Cécile

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C’est l’un des succès les plus durables du théâtre français. Le Banquet de la Sainte-Cécile fête ses vingt ans : son auteur et acteur, Jean-Pierre Bodin, passe à Paris pour trois représentations exceptionnelles à l’Européen, avant de reprendre le spectacle ailleurs et de créer de nouvelles pièces. Ce Banquet évoque la réunion rituelle, le jour de la fête de la patronne de la musique, sainte Cécile, d’une harmonie municipale, à l’occasion d’un concert public et autour d’une table bien garnie. Toute la France est photographiée dans ce spectacle, un chef-d’oeuvre, à un seul acteur et cent personnages. Bodin n’est pas tout à fait seul puisqu’une harmonie est invitée à intervenir à la fin de chaque représentation !
A quelle occasion est née Le Banquet de la Sainte-Cécile ?
Je n’étais pas comédien, j’étais régisseur, beaucoup pour les spectacles de Jean-Louis Hourdin. Le soir, après les spectacles, je racontais beaucoup d’histoires, de choses que j’avais observées depuis l’enfance. On me disait souvent : tu devrais en faire un spectacle. François Chattot a fini par m’inviter chez lui et j’ai parlé pendant cinq heures. Il m’a dit : « Il faut d’abord faire quelque chose de ce que tu contes sur l’harmonie ». Je suis un ancien jeune des Maisons de la jeunesse et de la culture, j’ai toujours suivi les harmonies, les récitals, surtout à Chauvigny, dans la Vienne, où j’ai vécu de 6 à 27 ans. On a donc écrit et fait le spectacle.
Du jour au lendemain, vous êtes devenu comédien.
J’ai continué un peu le métier de régisseur, mais je n’ai pu le faire longtemps. J’avais créé ma compagnie, la Mouline. Elle m’occupe à plein temps, même aujourd’hui. François Chattot avait raison. Il m’avait dit : « Réfléchis, ce peut être un choix de vie ».
Comment s’est passée la création ?
J’avais d’abord répété au théâtre 71, à Malakoff, dans une loge, grâce à Pierre Ascaride. Puis la création a eu lieu dans le off d’Avignon, en 1994, au Colibri. François Chattot jouait dans le in, une mise en scène de Jacques Lassalle. Il m’avait suggéré de jouer en fin de matinée, pour qu’on puisse inviter les spectateurs à un apéritif et être ensemble ensuite pour discuter du spectacle avant qu’il se prépare à sa soirée. Le premier jour, on était quatre dans la salle. Puis ça s’est rempli. 260 directeurs de structures et programmateurs sont venus et ils ont tous acheté le spectacle. Après un passage par Malakoff, je ne suis venu à Paris, à l’Européen, qu’en 2 000. Les journalistes ne comprenaient pas bien. Ils découvraient une pièce qui avait déjà eu 500 représentations. Nous en sommes à présent à 960.
Vous représentez affectueusement mais aussi avec moquerie les musiciens amateurs de l’harmonie de Chauvigny. Comment a-t-on réagi à Chauvigny ?
Ils ont entendu parler de la pièce. Soupçonneux, ils ont envoyé l’un d’eux en embuscade. Il a aimé. Je suis allé jouer à Chauvigny, et ce fut très chaleureux. Un reportage de France 3 a filmé tous mes modèles. C’était très émouvant.
C’est un spectacle qui ne change pas à travers le temps.
C’est le même texte qu’au début, à la virgule près. J’ai dû changer quatre ou cinq mots. Mais il fonctionne toujours sur la fraîcheur, avec la présence d’une harmonie nouvelle ou d’une harmonie qui revient plusieurs années plus tard.
Vous avez créé d’autres pièces et vous en créez d’autres.
J’ai fait cinq autres pièces. Je donnerai à Villeneuve-en-scène Inaugurations et, en décembre, Très nombreux chacun seul au théâtre du Soleil, en décembre. Je parle du monde de la culture et du monde du travail. Je prépare quelque chose sur les vieux. Je parle des gens, j’adore les gens.

Le Banquet de la Sainte-Cécile de et avec Jean-Pierre Bodin, texte et mise en scène de Jean-Pierre Bodin et François Chattot, costume d’Alexandrine Brisson, lumière de Gérard Bonnaud, réalisation technique de Jean-Baptiste Herry.

Théâtre l’Européen, tél. : 01 43 87 97 13, les 4, 5 et 6 juin, 21 h, puis en tournée.

Photo Vincent Arbelet, TIF.

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