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Critiques / Théâtre

Jean-Christophe Dollé et le Fouic Théâtre

par Gilles Costaz

lauréats du prix Théâtre ADAMI 2014

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L’ADAMI (Administration des droits des artistes et interprètes) a eu du flair. Elle attribue son prix théâtre 2014 – un chèque de 35 000 euros – à la compagnie Fouic, que dirigent et animent Jean-Christophe Dollé et Clodile Morgièvre. Le directeur et le président de l’ADAMI, Bruno Boutleux et Jean-Jacques Milteau, ont remis cette récompense cette semaine à la closerie des Lilas. Fouic, c’est une série de spectacles décapants qui mettent cause le conformisme de la société et du théâtre, avec une implication physique peu courante. Après Blue.fr, qui représentait une humanité marginale, et Abilifaï Léponaix,qui donnait à voir des malades mentaux, Fouic a adapté le récit de Jean Teulé, Mangez-le si vous voulez !, inspiré par un fait divers qui a eu lieu en Dordogne en 1970 : soudain traversés par un nationalisme aveugle et haineux, des villageois interprètent mal une phrase d’un de leur concitoyen qui est un personnage bienveillant et même leur bienfaiteur, et se mettent à le massacrer. Ce spectacle, qui n’est pas réaliste, qui est plutôt un récit rageur et musical, a été créé dans le off, repris au Tristan Bernard et effectue actuellement une longue tournée, jusqu’au printemps.
Voici ce qu’en disait Webthea au mois de janvier : « La pièce se déroule devant un décor de cuisine des plus tocards (les meubles – à dominante rose ! - ont été trafiqués pour permettre quelques effets et des troubles de la perception). D’ailleurs, Clotilde Morgièvre fait un peu la cuisine. Ça sent bon la France ! La France villageoise, popote et nationaliste ! Entre Jean-Christophe Dollé, chapeau sur la tête, guitare sous le bras. Il se lance dans son récit, comme on court, comme on sprinte, comme on crie. La musique, qui a des moments rock, se déchaîne. Clotilde Morgièvre place quelques gags, quelque numéros de charme parodiques. Mais le texte est lancé comme un train qui ne s’arrêtera que lorsqu’il n’y aura plus de rails. Dollé conte épisode après épisode, sans prendre de souffle, ou si peu. Il parle, il chante. C’est souvent drôle, et de plus en plus terrifiant : une chasse à l’homme, un voyage dans la cruauté la plus obscure. La mise en scène change les perspectives : Dollé disparaît et réapparaît à travers des caches et des angles imprévus. Les musiciens entrent dans le texte et l’action furtivement, parlent un peu. Mais leurs instruments grondent. Ça cogne, cogne, cogne et re-cogne ! Cela ressemble à une visite de l’enfer. L’enfer en France, chez les « braves gens ».
La scène est haute, en aplomb. Dollé ignore le vertige. Il monte au sommet d’un meuble. Il s’envole même suspendu à une enseigne lumineuse qui vient d’apparaître on ne sait comment. Sur le sommet du meuble, puis retenu dans l’air par un fil invisible, il continue, comme rendu fou par la folie qu’il conte et dénonce. Puis tout, soudain, tout a été dit. Jean-Christophe Dollé a été stupéfiant, trouvant la violence moderne du chœur antique. »

Tournée de Mangez-le si vous voulez ! Sur http://www.fouic.fr/mangez-le/ou_quand-suivants.php

Photo DR. De gauche à droite : Jean-Jacques Milteau, Jean-Christophe Dollé, Clotilde Morgièvre, Zabou Breitman, Jean-Paul Tribout.

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