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Critiques / Théâtre

Je ne veux pas mourir idiot de Wolinski

par Gilles Costaz

L’esprit de mai 68

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Wolinski a été sauvagement assassiné par les tueurs qui ont mitraillé les dessinateurs, les journalistes et l’équipe de Charlie Hebdo. L’une des façons de lui rendre hommage était de monter sa pièce Je ne veux pas mourir idiot, qui date de … 1969. Le Déjazet a eu cette bonne idée et ouvre la saison en criant plus que jamais : « Je suis Charlie ». Le texte est une comédie pleine de l’esprit de mai 68. Voilà des jeunes sur les barricades. Passent des bourgeois qui les prennent à partie, va et vient un flic démangé par ses envies de matraquer. Les jeunes n’ont pas peur : ils chantent, ils ont le défi et le plaisir aux lèvres, la fille est belle, les garçons joyeux.. L’amour est au programme de la révolution.
C’est à voir comme une page d’histoire. D’ailleurs Claude Confortès a conçu sa mise en scène comme une page d’Histoire vivante. Dès le hall du Déjazet des enregistrements radio nous font entendre des moments de mai 68 : bruits de déflagrations dans Paris, grosse voix de De Gaulle, pris de parole de Cohn-Bendit... Puis, sur scène, devant une palissade de planches où s’inscrivent parfois les dessins de Wolinski, les acteurs jouent les héros et anti-héros de l’époque. Georges Beller et Philippe Ogouz, qui ont fait la création de la pièce, ont bien vieilli et sont fort plaisants en affreux réacs. Guillaume Ede incarne un policier méchant à souhait. Séverine Ferrer et Hadrien Berthaut ont le charme ironique de la jeunesse. Fabien Martin reprend avec un swing joliment nonchalant les chansons d’Evariste, qui cognaient fort à l’époque. La soirée, courte, un peu mince, est moins saignante qu’à la création, si l’on en juge par les critiques affichées à l’entrée (Jean-Jacques Gautier s’offusquait et pestait dans Le Figaro), mais c’est du passé qui se conjugue au présent.

Je ne veux pas mourir idiot de Georges Wolinski, chansons d’Evariste, mise en scène de Claude Confortès avec la complicité d’Anne Bourgeois, avec Georges Beller, Philippe Ogouz, Séverine Ferrer, Hadrien Berthaut, Guillaume Ede et Fabien Martin.

Déjazet, tél. : 01 48 87 52 55, jusqu’au 26 septembre. (Durée : 1 h 15).

Photo DR.

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