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Critiques / Théâtre

Je dois tout à ma mère

par Gilles Costaz

Un remarquable débutant

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Philippe Honoré (qu’on ne confondra pas avec le cinéaste Christophe Honoré) écrit depuis longtemps les spectacles de la compagnie Philippe Person, adaptant Hugo, Proust, Shakespeare et, en ce moment même, Les Enfants du paradis de Prévert. Il a été à la tête de sa propre compagnie, dirigé quelques salles de spectacles. Le théâtre, côté écriture et mises en scène, c’est sa vie. Mais jouer, paraître en scène, il ne l’avait jamais fait. A la cinquantaine passée, il s’y risque, en interprétant un texte qu’il a écrit lui-même, Je dois tout à ma mère. On ne sait s’il a lui-même de lourds comptes à régler avec sa génitrice, mais son personnage, François Frin, en a de sérieux. Homosexuel, vivant une relation plutôt mécanique avec un partenaire peu affectueux, ce Frin se sent irrité en tout et contre tout, surtout à l’égard de sa mère qui ne cesse de le houspiller et de le traiter comme un enfant. Il décide de la liquider, par l’entremise d’un tueur à gages. Ça coûte cher (allez, on vous donne le chiffre : 30 000 euros ! ) mais il sait où emprunter la somme. Il passe la commande, et la machine est lancée. La mère va être trucidée. Ce n’est qu’une question d’attente, puisque le tueur a un planning chargé…

L’aisance de l’auteur et de l’acteur sont étonnantes. Avec un humour discret, l’histoire court, d’un épisode drolatique à un autre, vers sa conclusion imprévue. Philippe Honoré incarne son Français moyen, fait d’une égale dose de sensibilité et d’insensibilité , avec une grande justesse. Il imite joliment les interventions énervées de la mère poule et conte les aventures de son double avec une placidité qui, parfois, se brise et le mène jusqu’à la danse. Il occupe parfaitement la scène, avec la complicité d’une remarquable bande-son. Cela n’a rien du one man show. C’est un vrai moment de théâtre, délicatement incisif.

Je dois tout à ma mère de Philippe Honoré, mise en scène d’Edith Vernes, lumière d’Alexandre Dujardin, création sonore de Jeanne Signé, avec Philippe Honoré.

Le Lucernaire, tél. : 01 45 44 57 34, jusqu’au 19 avril. (Durée : 1 h 05).

Crédit photo : Philippe Escalier

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