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Jacques Debary

par Gilles Costaz

Double hommage au comédien disparu

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par Pierre Laville

Il aurait pu être un personnage de Jules Verne ou de Dickens. Sur son visage, dans ses gestes et dans sa voix s’inscrivaient la malice, le goût de l’aventure, la brusquerie imprudente et la bonté flagrante des êtres toujours prêts à offrir, à apprendre, à partager leurs forces ou leurs intuitions poétiques.

Sa première vie d’enseignant (instituteur, puis instructeur d’art dramatique auprès de la Jeunesse et des Sports), puis celle d’acteur accédant d’emblée aux plus belles aventures théâtrales avaient mis à jour cette épaisseur humaine, cet humour, cette tendresse indulgente qui l’ont rendu irremplaçable. Acteur de répertoire exigeant, il n’en avait pas dédaigné pour autant un personnage populaire à la télévision, en figurant, plusieurs années durant, le commissaire des "Cinq dernières minutes".

Sous la direction de Planchon, Chéreau, Brook, Grüber, Vincent, Sobel, Lavaudant... il a joué Molière, Racine, Brecht, Genet, Marlowe, Shakespeare, Ibsen, Babel, Goethe, Lenz, Tchekhov, Claudel, Koltès, Adamov, Wilde...
Nous l’avons découvert au théâtre par un coup d’éclat : incarnant inoubliablement Orgon, dans le premier "Tartuffe" mis en scène par Roger Planchon, où il se montrait sanguin, aveugle et patriarcal, fou de fidélité, burlesque, lyrique, tragique et comique, jusqu’au saisissement.

Pour l’une de ses dernières apparitions, il fut pendant trois ans et pendant près de neuf cents fois, à quatre-vingt cinq ans, au théâtre Antoine, l’interprète de "Un Mari idéal" d’Oscar Wilde, créant une figure d’une élégance et d’un humour impérieux, de grand style, dans toute l’intelligence et le parfait épanouissement de son art.

Jacques Debary : une vie de Théâtre. Pour l’Exemple.

par Gilles Costaz

Au bel hommage que nous a fait parvenir Pierre Laville, qui conseilla Jacques Debary dans sa version d’ « Un mari idéal » d’Oscar Wilde, on ajoutera notre propre admiration pour ce grand acteur, mort le 11 décembre à l’âge de quatre-vingt-dix sept ans. Il avait acquis une immense popularité en étant le dernier interprète de la série télévisée des « Cinq Dernières Minutes », mais sa carrière théâtrale compte plus que ces moments de succès auprès du grand public. Il a été l’un des grands comédiens de la décentralisation et du théâtre public. Dans les années 80, il fut engagé à la Comédie-Française. Il n’y resta pas longtemps mais on eut le temps de le voir dans quelques spectacles importants, comme Le Balcon de Genet mis en scène par Georges Lavaudant, où il interprétait, en costume blanc, une fois de plus, un policier. Mais c’était un policier vu par Genet !
Jacques Debary était un homme doux, généreux, bienveillant, discret. Le couple qu’il formait avec sa femme Jeannine, écrivain et scénariste, était particulièrement attachant. Son départ laisse très émus tous ceux qui l’ont connu.

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