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Critiques / Opéra & Classique

Hänsel, Gretel et le pain d’épice

par Christian Wasselin

Spécial Noël : Mireille Larroche dynamite Hänsel und Gretel, l’opéra drôle et inquiétant d’Humperdinck, à l’occasion des trente ans de La Péniche Opéra.

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Il était une fois un compositeur nommé Engelbert Humperdinck, qui fut l’assistant de Wagner à Bayreuth à l’époque de Parsifal, et eut surtout la bonne idée de composer un opéra, Hänsel und Gretel sur un livret de sa sœur Adelheid Wette. Un ouvrage créé en 1893 à Weimar, sous la direction de Richard Strauss, et qui suffit à assurer à son auteur la reconnaissance de la postérité. Cet opéra est bâti sur un conte des frères Grimm : c’est dire qu’il reprend des archétypes (les enfants face à l’ogre, la forêt, l’emprisonnement…) que bien des contes, du Le petit Poucet à Barbe-Bleue, dus à des écrivains tels que Perrault ou Andersen, ont eux aussi cent fois utilisés.

On pourra voir au Palais Garnier, en avril prochain, une nouvelle production de cet opéra. Mais sans attendre, il est vivement conseillé de ne pas manquer la version qu’en donne l’équipe de La Péniche Opéra (qui vient de fêter ses trente ans d’aventures), et au premier chef Mireille Larroche, inépuisable metteur en scène qui, comme à l’accoutumée, signe un spectacle qui foisonne de trouvailles loufoques et d’intentions poétiques. Décors (de Dominique Pichou) qui juxtaposent HLM et forêt, costumes (d’Anne Lezervant) qui doivent beaucoup à l’univers du cirque, direction d’acteurs constamment animée, tenue, expressive, tout fait de ce spectacle un moment on ne peut plus galvanisant.

C’est mieux en allemand

L’ouvrage est donné en alternance en allemand (sa version originale) et en français, dans une nouvelle traduction due à Sébastien Joly qui remplace la première version française signée Catulle Mendès, dont on nous dit qu’elle a vieilli. C’est sans doute vrai, mais Sébastien Joly trouve difficilement le ton entre le souci de rester fidèle à l’original et la volonté de trouver un style de notre temps, familier sans être trivial ni puéril : tâche impossible, tant le langage parlé, les expressions à la mode, voire les argots évoluent de jour en jour. Résultat, bien des répliques glissent sans accrocher. A tout prendre, même si on ne comprend pas l’allemand, la version originale est de loin préférable car elle fait corps avec la musique (l’ouvrage est entièrement chanté, sans dialogue). Par ailleurs, la version proposée par La Péniche Opéra est une réduction pour petit ensemble instrumental, due à Takénori Némoto, qui assure également la direction musicale, laquelle nous prive du grand orchestre. Raison de plus pour s’éloigner le moins possible d’Humperdinck en écoutant Hänsel en allemand.

Côté solistes, deux distributions alternent, Claire Lairy (la Rosée et le Marchand de sable) et l’intrépide Anne Rodier, qui sait idéalement marier le lyrisme et la comédie, osant seules affronter la version allemande et la version française. On n’a que des éloges à tresser à cette équipe de chanteurs qui s’amusent et nous amusent, avec une mention particulière pour la Sorcière travestie de Christophe Crapez et les seize enfants de la Maîtrise des Hauts-de-Seine qui participent également au spectacle. Prochains rendez-vous, du 22 au 30 décembre, à l’Espace Pierre Cardin !

photo : maquette du spectacle (dr)

Humperdinck : Hänsel und Gretel . Avec Éléonore Pancrazi et Jennifer Whennen (Hänsel), Charlotte Plasse et Yolanda Fresedo (Gretel), Paul-Alexandre Dubois et Vikrant Subramanian (le Père), Anne Rodier (la Mère), Christophe Crapez et Artavazd Sargsyan (la Sorcière), Claire Lairy (la Rosée et le Marchand de sable). Direction musicale, Takénori Némoto. Mise en scène, Mireille Larroche. A l’espace Pierre Cardin (Paris) les 22, 23, 29 et 30 décembre. En tournée en 2013 et 2014.

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