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Giulio Cesare de Georg Friedrich Haendel

par Caroline Alexander

Reprise d’un bon cru

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C’est le retour au Palais Garnier de l’un des beaux succès de la saison 2010-2011 : Giulio Cesare de Georg Friedrich Haendel (1685-1759), le plus joué de tous les opéras du génial Allemand de Londres.

On retrouve avec plaisir les collages, la fantaisie, l’humour un rien vache du metteur en scène de Laurent Pelly.. Le Concert d’Astrée sous les mains voltigeuses d’Emmanuelle.Haïm reprend place dans la fosse surélevée comme il est d’usage avec les ensembles jouant sur instruments anciens. Même la plupart des chanteurs se sont à nouveau glissés dans la peau de leurs personnages. (voir WT 2638 20 janvier 2011). Et le charme opère toujours.

Giulio Cesare est décidément un diamant qui se prête à bien des tailles, un chef d’œuvre qui se plie à toutes les métamorphoses sans rien perdre de son suc de sa sève. Des personnalités aussi diverses que Peter Sellars, Yannis Kokkos, Irina Brook, les époux Hermann l’ont assaisonné à leur façon, tour à tour irrévérencieuse, poétique, drolatique…

Laurent Pelly leur succède en transportant ses amours et ses intrigues dans les arrières boutiques et hangars des réserves du Musée du Caire. Un bric à brac de bustes et de statues de pierre et de marbre, de tableaux, de vitrines, de tapis, de plateaux roulants que remue et déplace une bande d’employés-choristes-machinistes-figurants, en salopettes, jeans, caftans, calottes et tobis.

Ces « natures mortes » s’animent. César descend de son socle en costume couleur de pierraille, Cléopâtre se love et rebondit sur sa propre statue, Nireno, son confident se déplace de profil comme sur les fresques antiques… Les trouvailles jaillissent en incongruités ciblées, toutes sortes de facéties colorent la mosaïque des nombreuses arias da capo, tantôt comiques, tantôt dramatiques.

Toutes les surprises, toutes les qualités de la production ont repris rendez-vous. Les défauts aussi persistent comme ces éclairages à contre sens, illuminant un objet sans importance tandis que le personnage principal s’exprime dans la pénombre.

La distribution réunit presque tous les mêmes interprètes : dans le rôle titre, Lawrence Zazzo, comme il y a deux ans, démarre en demi-teinte avant de retrouver la projection et les couleurs de son timbre de contre ténor. La mezzo soprano Varduhi Abrahamyan a gardé la chaleur et l’émotion d’une Cornelia rebelle, Paul Gay reste un Achille viril et Dominique Visse un Nireno irrésistible de drôlerie. Deux changements sont opérés par le Sesto tout feu tout flamme de Karine. Deshayes et surtout par la Cléopâtre coquine et sensuelle de Sandrine Piau. Elle succède en beauté à Natalie Dessay. Moins gamine, moins farceuse, plus femme en quelque sorte, une présence radieuse, une voix lumineuse jusque dans les aigus céleste, pas très puissante mais rayonnante.

Giulio Cesare de Georg Friedrich Haendel, livret de Nicola Francesco Haym, d’après Giacomo Francesco Bussani. Orchestre et chœur du Concert d’Astrée, direction Emmanuelle Haïm, mise en scène Laurent Pelly, décors Chantal Thomas, lumières Joël Adam, chef de chœur Béatrice Malleret. Avec Lawrence Zazzo, Sandrine Piau, Varduhi Abrahamyan, Karine Deshayes, Christophe Dumaux, Paul Gay, Dominique Visse, Jean-Gabriel Saint Martin.

Opéra National de Paris – Palais Garnier, les 23, 28, 31 mai, 4,6,11,14 & 18 juin à 19h, les 26 mai, 2, 9 & 16 juin à 14h30

08 92 89 90 90 - +33 1 72 29 35 35 – www.operadeparis.fr

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