Apollinaire , Eclats d’amour, écriture et mise en scène de Stéphane Titeca
Un portrait sensible du poète.

Apollinaire, né Wilhelm Apollinaris de Kostrowitzky, était amoureux de la France et en 1914 il entreprend des démarches pour sa naturalisation, s’engage dans l’Armée française et rejoint le front en mars 1915.
Dans la pièce de Stéphane Titeca, nous sommes le 17 mars 1916. Sur la scène, le décor simple représente une butte en terre qui rappelle les tranchées, lieux boueux et insalubres dans lesquels les hommes survivent et se battent. Apollinaire évoque sa joie d’avoir obtenu la nationalité française et les raisons de son engagement. Il surveille les lignes ennemies. Comme tout semble calme, il entreprend d’écrire une lettre lorsqu’une violente attaque se produit. Apollinaire est blessé à la tempe par un éclat d’obus sur le Chemin de Dames. Désorienté, effrayé et meurtri, il espère qu’il sera secouru et les souvenirs de ses amis, de ses amours effleurent sa mémoire. La pièce dessine peu à peu un portrait intime du poète.
Il pense à ses amis qu’il fréquente au Bateau lavoir, Braque, Max Jacob, Salmon, Reverdy, Picasso dont il a défendu les premières œuvres cubistes. Il évoque aussi les peintres Delaunay, Matisse, Duchamp qu’il a soutenus régulièrement. Tous ces artistes majeurs du début du XXème siècle sont des amis avec lesquels il partage une grande complicité intellectuelle et artistique. Ils sont tous en quête de renouveau, de modernité et Apollinaire tient une place importante dans la poésie en utilisant les vers libres et les calligrammes. Les quelques vers du poète repris dans la pièce rappellent l’originalité d’Apollinaire.
La vie amoureuse d’Apollinaire fut mouvementée. Blessé, il pense aux femmes avec lesquelles il a partagé de tendres moments. Lou occupe une place centrale, omniprésente dans son œuvre poétique, Marie Laurencin fut sa compagne pendant quelques années et il admire son talent de peintre. Madeleine avec laquelle il entretient une correspondance assidue. Il pense aussi à sa mère et à sa douleur s’il venait à mourir.
Apollinaire, les éclats de l’amour, dresse un portrait sensible du poète confronté à la barbarie que fut la Grande Guerre suggérée par le décor simple, la pénombre dans laquelle évolue le comédien. Le jeu de Pierre Jouvencel est tout en émotions et nous fait partager les inquiétudes d’Apollinaire, les pensées de cet homme épris de modernité en art.
Mise en scène de Stéphane Titeca
Interprétation Pierre Jouvencel
Avec la voix de Agathe Sanchez
Diffusion : Manon Debarre
Crédit photo : Philippe Halula
Théâtre des Corps saints du 4 AU 25 juillet 26 – relâche les 16 et 23 juillet.
A 14H40 – Durée : 1H15



