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Critiques / Festival / Théâtre

Fratricide de Dominique Warluzel

par Gilles Costaz

Le bourgeois et le taulard

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Ces deux frères plus très jeunes ne s’étaient pas vus depuis longtemps. Et pour cause : celui qui ne paye pas de mine sort de prison, celui qui respire la respectabilité ne s’est pas beaucoup soucié de son cadet. Les voilà dans le salon d’un notaire qui les a réunis pour parler d’un héritage à partager. Mais rien n’est simple : le père défunt a posé des conditions difficiles à accepter, le mauvais fils qui a fait de la tôle a eu un enfant dont son frère s’est occupé mais pour de bonnes ou mauvaises raisons ? Au cours d’une telle rencontre, tous les masques tombent. Les purs et les impurs ne sont pas ceux que l’on croyait…
Fratricide, c’est le niveau moyen du off : pièce démodée mais bien fichue, acteurs célèbres mais ne jouant pas la meilleure pièce de leur vie ! Le texte est sacrément vieillot avec ses rebondissements téléphonés et ses secrets qui se dévoilent avec une régularité ferroviaire. C’est un bon scénario, fabriqué sur du déjà vu, qui fleure le romanesque du temps des mauvais garçons et des polars des années 50. Delphine de Malherbe – également présente dans une autre salle du off avec Inconnu à cette adresse joué par Francis Lalanne et Dominique Pinon au Collège de la Salle) – gère la mise en scène très honnêtement : c’est un bon vieil affrontement psychologique où les certitudes de chacun s’affirment et se défont en lignes brisées. Pierre Santini est parfait en bourgeois vertueux difficile à ébranler, Jean-Pierre Kalfon incarne le frère raté et déclassé avec une belle ironie. Bertrand Nadler a l’allure polie et pressée des notaires de la nouvelle génération. On vient là pour voir des comédiens qu’on estime, plus que pour s’intéresser à une pièce aussi neuve qu’un véhicule d’occasion.

Fratricide de Dominique Warluzel, mise en scène de Delphine de Malherbe, décor de Catherine Bluwal, avec Pierre Santini, Jean-Pierre Kalfon et Bertrand Nadler.

La Luna, 16 h, tél. : 04 90 86 96 28, jusqu’au 27 juillet. (Durée : 1 h 15).

Photo BD

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