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Festi-Mal d’Evelyne Sellès-Fischer

par Gilles Costaz

Feu sur l’avant-garde en folie !

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Ecrivain et journaliste, Evelyne Sellès-Fischer s’octroie le plaisir courageux de paraître en scène pour jouer son propre texte sur le monde du théâtre. Cela s’appelle Festi-Mal pour se moquer joyeusement des festivals. Plus exactement, ce sont les metteurs en scène qui sont visés dans une parodie de conférence sous-titrée « A propos d’un théâtre où il ne se passe rien ». Evelyne Sellès-Fischer s’installe à une table sur laquelle des bristols indiquent les noms de ses interlocuteurs. Ceux-ci sont invisibles. C’est elle qui, en tant que meneuse de jeu, animatrice d’une émission de radio imaginaire, leur donne la parole et les incarne elle-même en changeant de ton ou en prenant des accents. Il y a là, si l’on entre dans son jeu, deux, puis trois (car l’un des invités n’est pas à l’heure ) tenants d’une certaine avant-garde. Ces novateurs se gargarisent de leur audace qui consiste à se passer du texte et même parfois des acteurs et à créer des soirées d’une longueur sidérale. Du passé ils font table rase et ne font du théâtre qu’avec leur génie se déployant dans ces coquilles vides !
C’est une satire avec laquelle les partisans d’un théâtre hostile aux traditions ne seront sans doute pas d’accord. Mais Evelyne Sellès-Ficker a glissé d’authentiques déclarations de metteurs en scène mégalos dont la prétention et l’invraisemblance déclenchent la plus saine des hilarités. Elle donne peu de noms, sauf celui de Wajdi Mouawad qui semble être l’une de ses bêtes noires. On ne la suit pas sur tous ses tirs de barrage (les folies qu’elle dénonce sont parfois partiellement passées de mode), mais elle a le bon sens avec elle. Elle ne cherche pas à être une véritable actrice mais, d’une voix assurée, contrefaisant l’aisance des journalistes un peu mondains, elle dit beaucoup de vérités et plaide a contrario pour les artistes simples et modestes. A l’intérieur de ce festival, elle est le nécessaire contre-pouvoir. Elle est un peu « Le Canard enchaîné » qui rigole des puissants, ou le fou qui se paye la tête des rois. Avec nos rires, qui sont nombreux, nous lui en sommes reconnaissants.

Festi-Mal écrit, mis en scène et joué par Evelyne Sellès-Fischer.

Espace Alya, Avignon, 16 h 15.

Photo X.

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