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Critiques / Théâtre

Entre les actes d’après Virginia Woolf

par Gilles Costaz

Une tresse qui se noue

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Lisa Wurmser adapte un roman qui parle de théâtre, mais un roman de Virginia Woolf, dont l’écriture fluide ne semble pas appeler la scène. Avec sa compagnie La Véranda, ce metteur a le goût du risque. En plus de ce grand écart entre théâtre et littérature, d’autres défis s’ajoutent à l’aventure : douze comédiens en scène plus quelques figurants venus de Grande-Bretagne, une collaboration avec l’University for the creative arts de Rochester (partenariat apporté par le coproducteur, la Comédie de Picardie) et, après la création en France, une tournée en Angleterre. Dans un monde économique qui contraint les gens de théâtre à travailler à petite échelle, Lisa Wurmser préfère voir grand. Le résultat lui donne raison. Sa transposition est d’un grand charme.
L’action se passe dans un village de la campagne anglaise, en 1939. Une famille et un groupe d’amis attendent la fête paroissiale dont le clou sera une représentation théâtrale. Ce spectacle figurera les grands moments de la culture anglaise. Pendant que l’Histoire est en train de se faire (les avions militaires vrombissent, signe d’une guerre imminente), le passé a bien le droit de défiler. Aristocrates, gens du village, clergé anglican, faux ennemis et vrais amants, héros d’autrefois, tout va se mêler et se démêler en une journée.
L’on pouvait craindre une adaptation trop littéraire. Au contraire, le spectacle prend vite une envolée visuelle et se déroule au gré d’une flânerie trompeusement tranquille, où l’imprévu surgit régulièrement et où le destin de chacun se modifie touche après touche. L’interprétation que donnent des comédiens forts et originaux, Bernadette Le Saché, Stéphanie Schwartzbrod, Nicolas Struve, Flore Lefebvre des Noettes notamment, est basée sur le miroitement, plus que sur l’éclat. Avec eux, sous l’impulsion de Lisa Wurmser, la soirée avance comme une tresse qui se noue et dont l’on suit passionnément tous les fils.

Entre les actes d’après Virginia Woolf, adaptation et mise en scène de Lisa Wurmser, décor de l’University for the creative arts de Rochester, costumes de Marie Pawlotsky et Thibaut Becheri, musique de Gerardo Jerez Le Cam, lumière de Philippe Sazerat, avec Gérald Chatelain, Flore Lefebvre des Noëttes, Christian Lucas, Stéphane Mercoyrol, Stéphanie Schwartzbrod, Gilles Nicolas, Fannie Outeiro, Bernadette Le Saché, Nicolas Struve, Christophe Pecqueur, Emilie Revel, Jérémy Scherjan-Torres.

Vingtième Théâtre, 21 h 30, tél. : 01 48 65 97 90, jusqu’au 14 juin. Puis les 27 et 28 juin, à la Scène au Jardin, Chantilly. (Durée : 1 h 30)

Photo Lot.

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