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Critiques / Théâtre

Don Juan, le retour de Gérard Savoisien

par Gilles Costaz

Un mythe à l’envers

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Gérard Savoisien imagine que Don Juan revient des enfers et mène une nouvelle vie au XXIe siècle. Les initiales de son nom ne forment-elles pas les lettres D.J ? Il a perdu son Sganarelle ou son Leporello. Aussi s’adresse-t-il à un serviteur plus tourné vers la communication que vers la discussion, à d’autres personnages et au public, depuis sa solitude nouvelle. Il observe les rapports de séduction qui se déploient à présent entre les hommes, et il n’est pas admiratif ! « Que devient-on à notre époque où le paraître est roi, où la "com" et la "pub" sont plus nécessaires que le savoir, le faire et le savoir-faire ? écrit Savoisien. C’est en effet le faire-savoir qui est devenu le maître-mot de toute action, création ou réflexion. Privé de son serviteur qui fait ce travail de relations publiques, Don Juan est perdu.
Dans ma pièce, il va passer son temps à le recréer, à le réinventer et va même jusqu’à demander au public de lui faire une contre-publicité afin que le mythe continue à perdurer. »
Pas facile d’inverser un mythe ! Savoisien en perd toute trame dramatique et aligne, plus que les étapes d’un monologue ou d’un récit, une série de paradoxes et d’affirmations provocantes. Cela file, ou ralentit selon les moments, comme un exercice grisé par ses idées (pourtant courtes). D’ailleurs, Don Juan est, pour l’auteur, un tombeur alors qu’il est, d’abord, un libertin au sens philosophique, un ennemi des règles et principes en usage. Cette dimension manque au texte. La mise en scène d’Eric Rouquette a de l’énergie et de l’habileté, l’interprétation de David Arveiller du muscle, de l’adresse et de l’ironie. Mais l’œuvre semble plus relever du billet d’humeur journalistique que de la réinvention d’un thème par un écrivain inspiré.

Don Juan, le retour de Gérard Savoisien, mise en scène d’Eric Rouquette, lumières d’Antonio de Carvalho, costumes de Pierre Talamon, avec David Arveiller. Les Déchargeurs, tél. : 0 892 70 12 28, jusqu’au 14 avril. (Durée : 1 h 15).

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