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Critiques / Théâtre

Des Femmes de Régis Martrin-Donos sur une idée de Fernanda Barth

par Dominique Darzacq

Singulières et plurielles

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De toute évidence Fernanda Barth a du chien, du charme et est d’un alliage bien apte à brûler les planches. Formée notamment au Conservatoire Supérieur d’Art Dramatique de Paris, elle s’est déjà fait remarquée dans de nombreux spectacles et notamment la saison dernière, au Théâtre de la Colline dans M comme Médée conçu et réalisé par Astrid Bayia.

Fernanda Barth qui se revendique « féministe politique » pour répondre à sa façon « aux violences faites aux femmes » a imaginé un spectacle « célébrant les femmes et la féminité » à partir de témoignages, d’interviewes d’actrices, de militantes féministes ou d’écrits qui l’interpellent depuis longtemps. Histoire d’apporter sa pierre à la parité homme / femme, une cause qu’elle défend, c’est à un jeune écrivain, Régis Martrin-Donos, qu’elle a demandé d’en écrire la partition pour le théâtre et d’en assurer la réalisation scénique. Ainsi s’est élaborée, entre humour et émotion, mais en toute osmose artistique, une virée au féminin à travers les âges.

D’Anne Trégor paysanne âgée de 17 hivers, qui ne comprend pas pourquoi on l’accuse de sorcellerie à l’ado boutonneuse et mal dans sa peau qui rêve de devenir Dalida, en passant par l’artiste de variété sur le retour travaillée par la nostalgie et le sexe, de la journaliste intello, bobo, écolo à une prostituée espagnole à la retraite qui donne quelques conseils pratiques à une débutante, ou à la mère de famille dont la vie a radicalement changée le jour où elle a tenté de tuer son mari avec une fourchette à écrevisse, l’auteur brosse des portraits de femmes de différentes tonalités et saveurs.
Bouleversante comme Anne Trégor qui se demande si Robin n’est pas le diable qui l’a engrossée et dont elle accouche au milieu des pierres, agaçante comme la journaliste, émouvante comme la prostituée qui « en a fini avec la bite », percutante comme l’ancienne star pour qui « on pourra parler d’égalité le jour où on aura trouvé le viagra pour les femmes », toutes dissemblables par leur époque, leur statut social mais qui, à travers leurs confidences, réflexions, aveux de doute ou de rêve ont en commun d’être hors normes et toutes,à leur manière, ont à affronter en toute solitude la société et ses codes.
Avec juste quelques éléments supports de jeu, changeant de peau et de look sans temps mort, Fernanda Barth donne magnifiquement chair et sang et surtout véracité à toute une galerie de personnages qui sans l’éclat et la conviction de son jeu ne seraient que des figures ou des stéréotypes.

Des femmes. Texte et mise en scène Régis de Martrin-Donos, avec Fernanda Barth ( durée 1h05)

Lavoir Moderne Parisien jusqu’au 10 novembre tel 01 46 06 08 05
www.lavoirmoderneparisien.com

Photos ©l’œil de Paco

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