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Critiques / Théâtre

Des châteaux en Espagne de Philippe Dorin

par Gilles Costaz

L’art de la rencontre

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La compagnie Pour ainsi dire de Philippe Dorin et Sylviane Fortuny, se garde bien de tout dire, comme son intitulé le donne à penser. C’est l’une de ses particularités par rapport aux autres équipes qui travaillent pour le jeune public : elle pratique le blanc, le non-dit qui débouchent, pour l’enfant, sur le plaisir de deviner et d’imaginer. Philippe Dorin suggère, superbement. A chacun de trouver ses propres clefs et ses prolongements dans l’histoire mise en place. Après avoir collaboré avec des acteurs russes, la troupe a monté son nouveau spectacle avec des comédiens espagnols. D’où un partage du jeu qui mêlent des savoir-faire différents et franchit des frontières invisibles. Deux groupes occupent le plateau : les Français côté jardin, les Espagnols côté cour. Ils ne se mêlent pas tout d’abord. Un enfant est isolé, au milieu. Une sorte de chevalier sans cheval vient l’aider et se plaint que le garçon n’ait pas de texte ! Mais il en aura. Il aura surtout une planche qui est « la chance ». Avec elle, le bonheur est possible, les occasions de sortir de soi-même sont multiples. On verra même une danseuse danser, fort bien, le flamenco sur l’étroitesse de cette planche. Le spectacle, fait de moments inattendus, tendres et cocasses, prend alors son envol et développe l’art de la renncontre. Le décor s’effondre pour mieux révéler un appartement. Les acteurs composent comme malgré eux un tableau à la Velasquez. Ils échangent leurs chemises comme les joueurs de foot leurs maillots. Ainsi naissent, meurent et renaissent les châteaux en Espagne.
La fine mise en scène de Sylviane Fortuny déroule le texte comme une succession d’attentes, de ruptures et de surprises. Les acteurs, Jean-Louis Fayollet, Déborah Marique, Pau Poch, Juliette Prier, Paula Quintana, Luis Tausia, Martina Vilarasau, Johann Weber et Heythem Bouhaddar, ont des personnalités fortes et colorées. Avec eux, le spectateur suit une pièce qu’il reconstruit lui-même en fonction de ce qu’il aime. Et il y a beaucoup à aimer !

Des châteaux en Espagne de Philippe Dorin, mise en scène de Sylviane Fortuny, scénographie de Sylviane Fortuny, Kelig Le Bars, Sabine Siegwalt, lumières de Kelig Le Bars, costumes de Sabine Siegwalt, musique de Catherine Payet, avec Jean-Louis Fayollet, Déborah Marique, Pau Poch, Juliette Prier, Paula Quintana, Luis Tausia, Martina Vilarasau, Johann Weber, Heythem Bouhaddar.

Théâtre de Gradignan, 05 56 89 98 23, puis Angoulême (18 mars), Argenteuil (Le Figuier blanc, 10,11, 12 avril). A partir de 8 ans. (Durée : 1 h).

Photo DR.

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