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Critiques / Théâtre

Darling de Jean Teulé

par Gilles Costaz

Des coups au corps et à l’âme

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C’est à la fois de la littérature et du brut. La femme qui raconte son histoire n’est pas fictive. Jean Teulé l’a rencontré et a écrit ses confessions. C’est une femme battue, comme il y en a tant. Celle-là a particulièrement souffert. On l’appelle « darlling », mais elle a été si peu aimée. Traitée avec dureté par ses parents, elle était fascinée par les routiers. Une fois dans les bras d’un camionneur alcoolique, c’est l’horreur. Deux enfants, et surtout des coups, plus l’infidélité qui ne tarde pas à venir, avec une prostituée à la maison ! Coups au coeur et coups à l’âme ; les deux font mal, très mal. Elle s’en sortira, avec l’aide d’autrui. Enfin, peut-être. L’enfer ne s’oublie pas.
Le spectacle s’attache à conserver le caractère écrit de l’ouvrage. La mise en scène de Laurent Le Bras n’enjolive rien, développe le climat de nuit et le sentiment de solitude. Une actrice parle, dans un angle du plateau, tandis qu’un musicien, à distance, accompagne la voix ou assure les moments de respiration. Claudine Van Beneden est à la fois une diseuse, qui porte le texte dans sa dureté implacable, et une comédienne qui traduit par le geste, de façon épurée et exacte, l’action, les moments d’une vie : l’accablement, la résistance, la méditation. Simon Chomel, au synthétiseur, prolonge les pulsations du cœur et le tournoiement d’une pensée errante. Le spectacle est très fort. C’est un coup de poing.

Darling d’après Jean Teulé (éditions Julliard), mise en scène de Laurent Le Bras, avec Claudine Van Beneden et Simon Chomel. Un spectacle de la Compagnie Nosferatu.

Studio Hébertot, 21 h le mercredi, 19 h du jeudi au samedi, 17 h, le dimanche, tél. : 01 42 93 13 04. (Durée : 1 h 20).

Photo DR.

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