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Critiques / Danse

Danse-cinéma , Mr Gaga

par Yves Bourgade

Un instructif et divertissant documentaire sur Ohad Naharin

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Instructif et divertissant. A voir ! Tel est le documentaire projeté en salles Mr Gaga…, un film de l’Israélien Tomer Heymann « …sur les pas d’Ohad Naharin », son compatriote, danseur et chorégraphe, né en 1952 et associé depuis 1990 à la renommée de la Batsheva Dance Company.
Cette troupe israélienne fondée en 1964 était pour la première fois invitée en janvier 2016 à se produire à l’Opéra de Paris dans une chorégraphie de Ohad Naharin. En France, auparavant, elle a dansé à l’invitation de Montpellier danse, du Théâtre de Chaillot, etc. Le titre du film, Mr Gaga , n’est pas une plaisanterie. « Gaga dance » est un ensemble de techniques mises au point par Ohad Naharin à partir de sa pratique de la danse, où il est venu relativement tard (après son service militaire en Israël) et après son passage plus ou moins heureux dans différentes compagnies, notamment aux Etats-Unis et chez Maurice Béjart.
Ces techniques s’appuient sur une meilleure compréhension individuelle du corps et de ses limites propres, permettant à chaque interprète de les dépasser. La méthode, selon Ohad Naharin, invite à libérer les corps autant que les personnalités : « Nous devenons plus conscients de notre mouvement, nous nous connectons au sens des possibilités infinies (…), nous changeons nos habitudes de mouvements en en trouvant de nouveaux, nous allons au delà de nos limites familières, nous pouvons être calmes et alertes à la fois ».

Des chorégraphies sur mesures

A partir d’archives personnelles de Ohad Naharin, de reportages d’actualités, de séquences filmées lors de répétitions et d’extraits de ses chorégraphies bondissantes et sensuelles, Tomer Heymann a réalisé un film retraçant le processus créatif de l’actuel chef de file de la danse israélienne que l’on voit élaborer ses chorégraphies sur mesure pour ses danseurs.
Ne sont pas ignorés par le cinéaste les implications et les difficultés que créent les exigences de cet engagement artistique sur le plan personnel.
Sa première épouse, la danseuse nippo-américaine Mary Kajuwara, rencontrée aux Etats-Unis dans la troupe d’Alvin Ailey, le suivit en Israël, mais s’adapta difficilement au pays. Elle est morte d’un cancer à 50 ans en 2001.
Sur le plan politique, Ohad Naharin, qui reste très attaché à son pays de naissance, estime cependant que « la colonisation par Israël dans les territoires occupés doit cesser » et que « le politique doit se libérer du religieux », qu’« il est temps d’apprendre enfin à respecter l’autre et ses droits inaliénables », affirme-t-il. « Lorsque je recrute les danseurs, ajoute-t-il, je ne me soucie pas de leur origine géographique, ou ethnique, ou de leur nationalité. Je veux des personnalités ». D’ailleurs la Batsheva Dance Company est composée pour moitié d’Israéliens et pour moitié de danseurs du monde entier.
Depuis 2003, Ohad Naharin, tout en gardant une fonction dans la compagnie, a transmis provisoirement la direction à ses proches collaborateurs. Le documentaire, sur la fin, le montre dans la répétition d’un ballet et interrompu par sa petite fille (née d’un second mariage). Une séquence émouvante qui montre la difficulté à maintenir l’équilibre entre, d’un côté, paternité et famille, de l’autre, professionnalisme et carrière.

Mr Gaga, sur les pas d’Ohad Naharin film de Toner Heyman 1h39. En salle

Photo ©Gadi-Dagon

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