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Danse–anniversaire

par Yves Bourgade

Chaillot à la recherche de son passé dansant

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Pour ceux qui fréquentent depuis les années 50 du XXème siècle le Théâtre de Chaillot situé dans le « Palais » du même nom, à Paris, ce cadre est avant tout un lieu où se réalisèrent diverses aventures majoritairement théâtrales : celle du Théâtre National Populaire (TNP) de Jean Vilar et Georges Wilson, puis celles qu’impulsèrent de 1972 à 2008, avec un nouveau statut, Jack Lang, André-Louis Perinetti, Antoine Vitez, Jérôme Savary et Ariel Goldenberg.
Avec ce dernier directeur, la danse a pris de plus en plus de place dans les programmes au point que depuis peu Chaillot est devenu « Théâtre national de la Danse » sous la houlette du chorégraphe Didier Deschamps, en poste depuis juillet 2011 et récemment renouvelé dans ses fonctions directoriales.
La danse est donc actuellement reine à Chaillot dans les deux salles du théâtre, Salles Jean Vilar et Firmin Gémier. Ce qui amène l’institution à célébrer divers anniversaires dans la période 2018-2020, en mettant particulièrement en relief une certaine permanence, de la danse, pourtant peu présente en ces lieux.
Si le Théâtre de Chaillot est logé dans l’actuel bâtiment de style Art Déco achevé en 1937, il exista à partir de 1878 dans une architecture inspirée de l’art mauresque imaginée pour l’Exposition Universelle de 1878 (il y a 150 ans cette année). On parlait alors du Palais du Trocadéro avec une salle de spectacle de 5.000 places. Dans cette architecture monumentale de 1878, fut installé en 1920 (il y aura un siècle en 2020) le premier TNP confié à Firmin Gémier, adepte d’un théâtre citoyen et républicain, qui déclarait : « C’est pour la foule que je travaille ». Malheureusement, cet utopiste dont la petite salle de Chaillot porte le nom, échoua, confronté au rejet de la bourgeoisie et à un désintérêt du public populaire pour cette expérience éclectique (opéra, ballet ou spectacle de cirque).
Le TNP du Trocadéro ferma ses portes en 1935 pour laisser la place au chantier de l’actuel Palais de Chaillot construit en seulement deux ans pour l’Exposition Universelle de 1937. Dans la nouvelle grande salle, Jean Vilar commença l’aventure du TNP en 1951.
Auparavant, le 10 décembre 1948, l’Assemblée générale des Nations-Unies naissantes y rédigea et y signa la Déclaration Universelle des Droits de l’homme. Le 70ème anniversaire de cet événement sera fêté par une « Veillée de l’humanité », avec la participation de danseurs, de comédiens français et étrangers. Ces artistes sont invités à s’exprimer sur ce que les 30 articles de cette déclaration proclament : à savoir une même foi dans la dignité et la valeur de la personne humaine. Pour célébrer les Droits de l’Homme, le Théâtre national de la Danse a programmé en décembre 2018 un mois de créations chorégraphiques commandées à Lia Rodrigues, Annabelle Bonnéry, Rachid Ouramdane.
Sous le titre « Chaillot, une mémoire de la danse » une exposition organisée par la BNF sur le site François Mitterrand, son histoire sera conté par près de 200 photos, programmes, affiches, articles de presse et enregistrements audiovisuels, une « histoire inédite » du Théâtre de Chaillot dans laquelle, selon l’historien Pascal Ory, « une danse très diverse occupe une place non négligeable, avec des personnages connus comme Isadora Duncan, Anna Pavlova, La Argentina, les Ballets Russes, des galas chorégraphiques , classiques et modernes, des danses plus traditionnelles et plus près de nous Roland Petit et Maurice Béjart, Janine Solane, Katherine Dunham, Anne Béranger, Joseph Russillo et les protagonistes dansants contemporains » (3 mai-26 août 2018).
Un livre collectif « Chaillot, Palais de la danse » sortira chez Somogy en octobre 2018 et réunira les écrits et témoignages d’une quarantaine d’auteurs et de grands témoins sur les multiples facettes de ce haut lieu parisien de la culture, « dans toute son humanité et sa singularité ».
Pour faire résonner Chaillot d’autres manières et au delà de ses murs, le théâtre s’est associé à d’autres partenaires comme le Musée de l’Homme installé dans l’aile Passy du Palais et qui organisera des débats et des rencontres (de juin 2018 à juin 2019) ou comme la SNCF qui montera une exposition dans ses gares.
Enfin le Théâtre national de la Danse lance ce printemps une revue « L’Esplanade » au rythme de deux parutions annuelles jusqu’en 2020, avec l’évocation dans ce numéro 1 de créateurs du passé (Firmin Gémier) et du présent (Philippe Decouflé, Rocío Molina, Alonzo King).

© Audiane Plagiau

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