Accueil > Comment l’esprit vient aux filles… et autres contes coquins de Jean de La (...)

Critiques / Théâtre

Comment l’esprit vient aux filles… et autres contes coquins de Jean de La Fontaine

par Jacky Viallon

Partager l'article :
Version imprimable de cet article Version imprimable

Beaucoup de metteurs en scène se sont frottés (confirmer la pertinence de ce mot) à l’adaptation scénique de bons nombres de textes libertins, produits tout au long du XVIIème et XVIIIème siècle. Pour justifier cette abondance de productions, il faut savoir qu’à cette période de nombreux petits théâtres clandestins et privés présentaient, grivoiseries, textes coquins tout en respectant notre beau langage. Une étude faîte par plusieurs historiens nous soulève la couverture de cette délinquance linguistique, dont un recensement fait état d’une quarantaine de lieux, en région parisienne. Bonbonnières qui faisaient la joie de quelques nobles courtisans qui s’amusaient à jouer masqués. Ainsi Sire Christian Baltauss a voulu régler ses comptes (contes) à sa libido littéraire. Ainsi est-il parti dénicher, tel un chercheur de truffes, ces contes (occasionnels) dont l’érotisme et le libertinage ont permis à La Fontaine de se rendre populaire dès l’année 1665, bien avant ses fables. A cet effet, voulant s’exprimer sur des textes légers, Christian Baltauss, metteur en scène, Catherine Kasbi et Nathalie Melik, comédiennes ont sélectionné quelques contes coquins pour en faire un spectacle fin, léger, éloigné de toute vulgarité, auquel on peut assister en famille, l’ensemble évoluant au deuxième degré.

La difficulté du jeu, qui n’est pas apparente, nous fait apprécier la dextérité des deux comédiennes qui doivent sautiller d’un code à l’autre : deux lavandières nous content le libertinage de leurs maitres tout en contrôlant les personnages de leurs récits. Le tout étant syncopé de fréquents apartés qui dictent l’acte et le propos de l’histoire, sorte de recul par rapport à ce que le direct énonce. Elles savent maintenir tout au long du spectacle, « pétillance » et luminosité. Pour les faire évoluer en toute grâce, le metteur en scène a eut l’idée d’un décor à la « Locandiera » qui délimite le plateau et permet astucieusement de négocier en toute rapidité les entrées et sorties des personnages, ainsi l’ensemble paraît chorégraphié. Sans nul doute c’est un joyeux spectacle qui danse sous nos yeux avec humour, sensibilité et avouons le, quand même, coquin à souhait.

Théâtre du temps- 9 rue du Morvan Paris 75011 – Loc : 01.43.55.10.88 – Rens. Cie : 01.43.36.74.03
Les mercredis, 22,29 octobre et les 05, 12, 19 novembre à 20h30. Durée 1h20

Le Mur d'affiches


Visitez le Mur d'Affiches...

2 Messages

  • Quoi dire après Jacky Viallon ? Sinon que la mise en scène de Christian Baltauss s’avère être certaine et d’une sûre imagination ; car nos deux lavandières nous captent si bien, que c’est un bonheur de les voir vivre au rythme des contes de notre cher Jean de la Fontaine. Quel travail bien fait et très accompli par Nathalie Melik et Catherine Kasbi !
    Repu de plaisir à voir, écouter, épier le moindre détail, encore merci pour cette pétillante soirée. A la prochaine...

    repondre message

  • Précision du langage et de l’énoncé, pétulance du jeu des lavandières, ce spectacle nous enchante et nous parle à notre époque comme à celle de Lafontaine. Laissons nous porter par l’universalité du désir et de la séduction, par la beauté classique du texte.
    A voir.

    repondre message

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.