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Critiques / Théâtre

Columbo : Meurtre sous prescription de Levinson et Link

par Gilles Costaz

Hommage à un mythe

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Columbo a fait ses débuts au théâtre : pas le lieutenant de police, mais la fiction. Ce ne fut pas, d’abord, une idée de télévision, mais un sujet dramatique. Dans les années 70, Richard Levison et William Link écrivirent Meurtre sous prescription pour un théâtre de Broadway sans savoir qu’une série d’épisodes allait suivre sous forme de téléfilms et que ce serait un succès mondial. Du moins, nous ne le savions pas et le théâtre Michel se plaît à nous l’apprendre ou à nous le rappeler en montant cette première histoire où, dès le début, les grands principes du cycle sont définis : les coupables sont en place dès les premières secondes, et le lieutenant Columbo n’apparaît que plus tard, venant et revenant dans le domicile de ceux qui croient se débarrasser facilement de ce flic hésitant mais fidèle à un refrain qui empêche les assassins de dormir : « C’est bizarre mais il y a encore un détail qui me tracasse ». Dans cette aventure initiale, un docteur pense qu’avec son amie, il peut aisément faire disparaître son épouse. Il essaie même de répéter le meurtre en mimant l’étranglement de sa maîtresse, histoire de se faire la main ! Les deux méchants n’échapperont pas au policier à l’imperméable bouchonné...
Le spectacle de Didier Caron vise surtout à rendre hommage à la série et au mythe. L’histoire est bien ficelée, mais ce qu’on y apprécie, ce sont les références, les clins d’œils aux films, l’atmosphère new-yorkaise traduite par un bureau assez clinique et les buildings dressés derrière la fenêtre, la musique du feuilleton aux frissons ironiques. Martin Lamotte ne nous fera jamais oublier le génial Peter Falk, mais il campe un Columbo un peu plus massif, bonhomme, matois, qui a beaucoup de malice et de présence. En personnage machiavélique Pierre Azema est tout à fait parfait : c’est le double jeu fait homme. Karine Belly et Stéphane Boutet ont adopté finement les stéréotypes des héros américains. C’est comme de voir « en vrai » une BD qu’on avait fréquentée sur le papier : ce n’est pas tout à fait cela, mais on y retrouve des choses aimées et une partie de son enfance.

Columbo : Meurtre sous prescription de Richard Levinson et William Link, adapté et mis en scène par Didier Caron, en collaboration avec Delphine Piard, avec Martin Lamotte, Pierre Azema, Karine Belly, Stéphane Boutet.

Théâtre Michel, 21 h, tél. : 01 42 65 35 02. (Durée : 1 h 40).

Photo Franck Harscouet.

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